Festival des traditions du monde de Sherbrooke (FTMS): la diversité d’aujourd’hui, bien au-delà des folkores 

Entrevue réalisée par Alain Brunet
Genres et styles : Musiques du Monde

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De l’Estrie ce week-end, on nous cause ici d’un événement  tenu annuellement, devenu un incontournable: le Festival des traditions du monde de Sherbrooke (FTMS), authentique institution régionale en matière de diffusion musicale sur scène qui bat son plein. La salsa d’Andy Rubal & Son del Son, la musique celtique de Kitchen Party, le trad de l’inénarrable Yves Lambert, la pop urbaine latina de Gretch’N, le tandem féminin du Sénégal Def Mama Def, le hip-hop afro-caribéen de Waahli, le jazz-fusion arabe de Kazdoura ou la cumbia de Less Toches sont parmi les propositions du FTMS cette année.

Installé dans le stationnement du parc Quintal, à Fleurimont, le site du FTMS célèbre  les traditions des 5 continents à travers 90 spectacles, 17 restaurants aux menus internationaux, sans compter 50 exposants. Jointe directement sur les lieux du happening tenu du mercredi 13 août au dimanche 17, Malika Bajaj, directrice générale du Festival des Traditions de Sherbrooke, nous en explique les tenants et aboutissants.

Cette interview s’inscrit dans un partenariat estival conclu entre PAN M 360 et La Vitrine culturelle. Vous pouvez aussi accéder à l’information sur le contenu de La Vitrine sur le FTMS en cliquant ICI.

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PAN M 360: Excusez notre ignorance, mais commençons par cette banale question: depuis quand existe le FTMS ?

Malika Bajaje: Le festival existe depuis 28 ans.

PAN M 360: Wow! L’événement, on l’imagine, est né à l’époque où les musiques du monde étaient surtout traditionnelles. Aujourd’hui, le corpus a vraiment  changé si on lit votre calendrier !

Malika Bajaje: Oui, c’est tout un tout qui représente la diversité maintenant. Pas nécessairement la musique traditionnelle, folklorique. Oui il y en a bien sûr, mais nous nous intéressons à tous les styles de musiques, mais avec des artistes qui viennent d’ici et d’ailleurs venus pour partager la richesse de leur pays d’origine à travers leurs musiques

PAN M 360: Et on sait que Sherbrooke est une des rares villes québécoises de cette taille qui puisse prétendre à une vraie diversité culturelle. On imagine que ça a traversé l’évolution de votre événement, n’est-ce pas ?  

Malika Bajaje: Oui! Évidemment, nous pensons à nos communautés en faisant notre programmation. Par exemple, on va inviter un artiste qui vient directement du Sénégal, comme Def Mama Def cette année, nous nous assurerons  que la communauté sénégalaise en soit informée et fière de partager cette musique avec les autres communautés de Sherbrooke et sa communauté d’accueil. La mission même du festival, c’est vraiment de célébrer la richesse de notre ville à travers la musique, à travers la danse, ou même l’art culinaire. On se plaît à dire toujours que ce festival  reflète la diversité ici à Sherbrooke (Europe de l’Est, Maghreb, Amérique latine, etc.) mais aussi celle du Québec d’aujourd’hui.Nous avons le souci de construire des liens solides entre le festival et les communautés qui cohabitent ici. 

PAN M 360: De quelle manière cette diversité se décline-t-elle sur le terrain pendant le FTMS ?

Malika Bajaje: Plus concrètement, le Festival des Traditions du Monde se démarque notamment par ses chapiteaux thématiques. Depuis 2009, on a commencé à construire des chapiteaux thématiques pour une immersion totale dans une culture d’ailleurs. Nous avions d’abord fait  un Palais de l’Orient pour célébrer toute la culture orientale, du Maghreb jusqu’au Moyen-Orient. Par la suite, nous avons fait le Pub Irlandais se consacrant aux musiques celtiques – on sait que le folklore québécois s’inspire beaucoup de l’irlandais. Nous avons obtenu un beau succès avec ce pavillon. Un autre pavillon-chapiteau s’est ensuite consacré aux cultures autochtones d’Amérique, puis on a fait les Portes de l’Asie et ainsi de suite. Cette année, le nouveau chapiteau est l’Hacienda Latina célébrant l’Amérique latine. Au total nous avons 10 scènes spécifiques, qui diffusent plusieurs styles ce week-end, du country aux musiques africaines en passant par les musiques latines.  C’est ça, le FTMS.

PAN M 360: Y a-t-il un roulement de vos pavillons thématiques, d’année en année ?

Malika Bajaje: Les pavillons restent d’année en année, nous en inaugurons un nouveau aux trois ou quatre ans. On ne fait pas d’alternance, on n’a pas un pavillon qui n’ait pas connu de succès. Quand on débarque au festival, tous nos pavillons sont pleins à craquer!

PAN M 360 : Et vous avez des musts pour l’édition 2025 ?

Malika Bajaje: C’est quand même 90 spectacles! Pour nous, ce sont tous des spectacles coup de cœur.  L’objet est d’y faire découvrir, de partager et d’échanger nos richesses culturelles d’une communauté à l’autre. C’est très riche comme programmation. 

PAN M 360: Quelle est l’affluence des artistes internationaux par rapport aux artistes locaux, même si ces derniers sont issus de la diversité? 

Malika Bajaje: Surtout locaux, issus des grandes villes canadiennes. Et nous avons aussi 13 artistes internationaux parmi nos invités cette année.

PAN M 360: Quelle est l’affluence de ce festival en 2025 ?

Malika Bajaje: Environ entre 60 000 et 70 000 personnes chaque année, selon la météo. Outre la population de Sherbrooke et de l’Estrie, le public vient de l’extérieur de la région –  Rive-Sud de Montréal, Québec, etc. Le FTMS est un ambassadeur de notre région !

POUR CONSULTER L’HORAIRE DU FTMS, C’EST ICI

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