Violons du Roy | Sans faute pour l’orchestre, prestation impeccable du soliste

par Chloé Rouffignac

A l’approche du fameux Festival Bach à Montréal, l’aura du compositeur flotte déjà: ce vendredi 7 novembre, les Violons du Roy nous proposaient  un concert on ne peut plus thématique (Leçons de Bach) à la Salle Bourgie. C’est sous la direction du chef Bernard Labadie, qui a dû prendre la place de son collègue Robert Levin étant à l’origine du programme de la soirée, que nous avons pû profiter d’un concert digne de la réputation de l’orchestre.

En effet, le pianiste Inon Barnatan, remplaçant au pied levé Robert Levin (qui devait assurer son rôle de soliste également) nous a captivé par la maîtrise d’un texte chargé et complexe notamment dans le Concerto en Ré mineur BWV 1056 , conclu en une ovation qui ne s’est pas fait attendre. Malgré l’interruption de plusieurs téléphones dans la salle, l’attitude engagée du pianiste envers un orchestre millimétré était une expérience en elle-même. 

Une attitude bienvenue dans l’univers de Bach qui ne demande pas seulement une précision rythmique et une intonation irréprochable mais également de dialoguer physiquement entre sections. L’énergie galvanisante du soliste et de ses musiciens s’est transmise au public dès l’allegro. Une osmose que l’on verra se poursuivre dans le Concerto no 5 en Fa mineur et son fameux Largo tout en dentelle et en émotion. 

La valeur sentimentale se retrouvant également seule avec le Concerto Italien BWV 97, dévoilant un pianiste seul sur scène qui déverse un flot de notes sans erreur et surtout sans perdre de caractère ni de précision sous la difficulté du texte.

Le concert a débuté par des extraits de L’Art de la Fugue, une belle entrée en matière pour l’orchestre qui a pu mettre en valeur une sonorité unie avec un chef proche de ses musiciens. On peut retenir l’entrée du violoncelle dans le Contrapunctus II qui enjambe le flot du premier sans discontinuer la douceur des violons. On retrouve également de belles vagues dans les nuances même dans des passages plus techniques et acrobatiques du Contrapunctus IX, rendu possible, aussi, par la présence dynamique du premier violon Katya Poplyansky. 

Elle offre ainsi que sa section une très belle qualité sonore et dirige dans Offrande musicale une conversation très fluide du courant mélodique qui pourrait souvent se résulter en ligne d’apnée. Mais au contraire, on observe une interprétation légère et très appliquée.

En somme ? Un sans faute pour les Violons du Roy qui ont pourtant dû s’adapter aux changements de direction et de soliste, et une prestation impeccable du soliste Inon Barnatan qui a fait l’unanimité du public. Rendez-vous le 22 novembre prochain pour l’orchestre de chambre qui proposera cette fois-ci du Vivaldi sous la direction de Jonathan Cohen.

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