Le 30 avril, la pianiste renommée Yulianna Avdeeva a interprété le Concerto pour piano n°1
de Chopin avec OSM sous la direction de Simone Young. Le programme, qui comprenait
également le Quatuor pour piano n° 1 Op. 25 de Brahms orchestré par Schoenberg, sera
reproposé le 2 mai.
Écouter Yulianna Avdeeva jouer Chopin ne peut pas prévoir une critique qui analyse l’interprétation
étape par étape, ou plutôt, mouvement par mouvement dans ce cas. Car ce qui s’est passé hier à la
Maison Symphonique était une démonstration pure et simple du pianisme de la plus haute classe. Et
j’utilise le mot « classe », et non « niveau », car il y a un grand nombre de pianistes qui jouent à un
niveau élevé ou même très élevé, mais peu jouent « avec grande classe », c’est-à-dire, avec
profondeur et élégance. Et Yulianna Avdeeva relève pleinement de cette dernière catégorie. Elle
joue sans personnalisme, sans exhibitionnisme : seulement de la musique. Pas de fausse note, pas de
forcing expressif. Nous avons assisté à une pianiste capable d’une virtuosité très élevée,
puisqu’entièrement au service de la musique. La capacité à faire parler le piano avec la plus grande
éloquence, du pianissimo chuchoté au puissant fortissimo, a laissé le public en extase, qui l’a saluée
par plusieurs ovations. La deuxième moitié du concert n’a cependant pas été différente :
l’orchestration par Schoenberg du Quatuor avec piano de Brahms est remarquable, et l’OSM s’est
une fois de plus révélé être un orchestre de premier ordre. Un son incroyable, une vision musicale
très solide, une cohésion remarquable, et une cheffe d’orchestre engagée et charismatique. Un
concert magnifique.
Photo credit : Gabriel Fournier























