Afrique / chaâbi / cumbia / flamenco / Maghreb / rumba catalane

Nuits d’Afrique 2026 | Exulter avec Labess

par Alain Brunet

Dans les années 2010, j’avais assisté à quelques prestations de Labess alors que Nedjim Bouizzoul, son jeune front man, vivait à Montréal… puis le groupe s’est déplacé en France et obtenu un franc succès sur les scènes du monde, y compris celles du Québec puisque y revient régulièrement. Et vu que Labess était dimanche la tête d’affiche aux Nuits d’Afrique, je me suis botté le derrière et assisté à son énième triomphe dans la ville où il fut constitué. 

Force est de constater que je n’en avais pas pris la pleine mesure. Car il a des fans finis, Labess. Plein ! Toustes ont rempli le National ce 12 juillet,  toustes ont entonné la totalité des refrains de Labess, sans compter les multiples vocalises qui en prolongent le plaisir. Pas mal plus important que je ne le pensais.

Labess frappe dans le mille, car Nedjim Bouizzoul  assume totalement ses identités multiples: on le sent surtout Algérien, on le sent plus Québécois que Français, enfin…On le sent surtout libre de toutes ces considérations, tout en assumant le paradoxe de cette liberté des artistes migrants.

Labess est néanmoins la tribune d’hommes libres parce que leur succès bien réel leur a permis d’ériger une structure indépendante qui leur permet de faire ce qu’ils veulent, exprimer ce qu’ils veulent, chanter ce qu’ils veulent et procéder aux mélanges avec les ingrédients consentis par eux-même.

Labess exprime  sans complexe sa culture nord-africaines, dont le chaâbi algérien est l’une des bases de son art, mais encore s’intéresse-t-il à la rumba catalane, au flamenco andalou, aux grooves colombiens ou afro-caribéens, aux musiques roms d’Europe de l’Est et aussi à la chanson francophone en général. Fan de Richard Desjardins, Nedjim Bouizzoul offre d’ailleurs une version rumba gitane du classique Les Yankees, tiré de l’album Les derniers humains (1988).

Outre la reprise de Desjardins et celle de Celia Cruz, soit La vida es un carnaval, Labess aura chanté entre autres Ma Liberté, Babour El Leuh, Insomnie, Ya Denya, El kess ydour, Mariama, No te vayas, Rosa (Rosa Que Linda Eres) , Et si le mal, Chalmazel.

Pleine sensibilité, pleine conscience et pleine lucidité sociale chez Labess, très clairement anti-impérialiste, très clairement progressiste sur toutes les questions chaudes, des migrations humaines devenues suspectes en Occident au sort tragique de la Palestine, en passant par la guerre imposée aux nations défavorisées et autre thèmes de l’iniquité générale sur cette Terre.

Nedjim Bouizzoul écrit en français lorsque l’occasion s’y prête, je ne peux évaluer son arabe dialectal mais j’ai assez d’indices de ses mots pour avoir l’intime conviction que ses idées sont exprimées avec clarté, intelligence et une belle irrévérence sans dentelle, le tout pagayé sur de forts courants musicaux.

 En formule quartettte, Labess se présente de gauche à droite sur scène : Tarek Maaroufi, percus, Nedjim Bouizzoul, chant soliste et guitare, Antero «Tito» Sono-Synnott, guitare lead virtuose, Florent Hinschberger, trompette. L’ensemble sait fort bien capitaliser sur l’élan que procurent les rythmes et grattes frénétiques des guitares, le tout chapeauté par des lignes  bien senties de la trompette. Le groove s’installe, ça monte d’un étage. Musiciens et public s’éclatent, rient, communient, lâchent prise, exultent malgré la gravité générale du propos, inscrite dans nos consciences infonuagiques.

Crédit photos : Julia Cieri

Publicité panam

Tout le contenu 360

Sous le charme magique de La Flûte enchantée

Sous le charme magique de La Flûte enchantée

Opér’actuel devient un festival biennal : on en parle avec la directrice artistique Marie-Annick Béliveau

Opér’actuel devient un festival biennal : on en parle avec la directrice artistique Marie-Annick Béliveau

Paul Marleyn; Stéphane Lemelin – Tendresse et tragédie

Paul Marleyn; Stéphane Lemelin – Tendresse et tragédie

TransQueb – Maelstrom

TransQueb – Maelstrom

Elinor Frey ; Accademia de’ dissonanti – CPE Bach : Cello Concertos

Elinor Frey ; Accademia de’ dissonanti – CPE Bach : Cello Concertos

Les quatre saisons du Québec : Entretien avec François Dompierre

Les quatre saisons du Québec : Entretien avec François Dompierre

GA, la Série de shows | Tempête solaire… ça chauffe !

GA, la Série de shows | Tempête solaire… ça chauffe !

Towo – Vision

Towo – Vision

Francisca Valenzuela – Maldita

Francisca Valenzuela – Maldita

GA, la Série de shows | Nüshu à la Sala Rossa, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Nüshu à la Sala Rossa, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Calamine au Ministère, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Calamine au Ministère, vers le GAMIQ

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

Rentrée des ensembles Caprice et ArtChoral: La Flûte enchantée à la Maison symphonique

Rentrée des ensembles Caprice et ArtChoral: La Flûte enchantée à la Maison symphonique

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

Colin Stetson : réinventer les paysages trad avec Brìghde Chaimbeul

Colin Stetson : réinventer les paysages trad avec Brìghde Chaimbeul

Brìghde Chaimbeul et Colin Stetson – All the light in the world

Brìghde Chaimbeul et Colin Stetson – All the light in the world

Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

Fête de la musique 2026 | Le lyrisme versatile de Cicchillitti et Cowan

Fête de la musique 2026 | Le lyrisme versatile de Cicchillitti et Cowan

Fête de la musique 2026 | Pierre Lapointe charme les cœurs abîmés

Fête de la musique 2026 | Pierre Lapointe charme les cœurs abîmés

GA, la Série de shows | Dogo Suicide à L’Esco… vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Dogo Suicide à L’Esco… vers le GAMIQ

FME 2026 I Party à l’éther avec Worry

FME 2026 I Party à l’éther avec Worry

FME 2026 I The Sadies et le cheval qu’ils nous ont fait monter

FME 2026 I The Sadies et le cheval qu’ils nous ont fait monter

FME 2026 I Moiré, c’est du « slowcore » pour les esprits fatigués

FME 2026 I Moiré, c’est du « slowcore » pour les esprits fatigués

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné