Prévu au programme Play 1 à MUTEK, samedi au Studio-Théâtre des Grands Ballets, le passage de dreamachine à Fixate m’a semblé un peu abrupt. À peine dreamachine terminée, l’audience, jusque-là installée au sol, dans la pénombre, a été invitée à se relever. Pliq semblait avoir pensé Fixate pour un public debout, un changement marqué dans notre manière d’habiter l’espace.
J’ai trouvé intéressant de sentir cette transformation de la position du corps, même si le passage m’a paru un peu frontal. Après l’état d’attention presque hypnotique installé par dreamachine, le retour à une posture debout et à une lumière plus présente modifie assez brusquement le rythme que l’on venait de trouver.
Une fois Fixate amorcée, cependant, la pièce construit rapidement son propre univers. Sa structure m’a particulièrement intéressée : des segments de texte viennent ponctuer les différentes parties et servent de repères, donnant à l’ensemble une ossature narrative assez forte.
Cette dimension m’a semblé apporter une forme de continuité à la proposition audiovisuelle, là où ce type de performance peut parfois privilégier davantage l’expérience immédiate ou l’immersion.
Visuellement, les images explorent des matières organiques, parfois proches de la chair, qui flirtent par moments avec le gore sans jamais y basculer complètement. Cette proximité, maintenue dans une certaine retenue, crée une tension intéressante.
La bande sonore m’a demandé plus de temps pour trouver mon point d’entrée. Très dense et intense, elle s’inscrit par endroits dans une esthétique noise qui m’a semblé particulièrement exigeante à l’écoute. C’est justement dans son rapport aux images que j’ai trouvé un équilibre : lorsque le son devenait très abstrait ou saturé, le visuel semblait reprendre le fil, en réintroduisant des formes, des rythmes et une direction narrative.
Les deux médiums ne semblent donc pas chercher à se traduire l’un l’autre, mais plutôt à maintenir une tension entre leurs différents niveaux de lisibilité. C’est finalement ce dialogue entre l’abstraction du son et la matérialité plus lisible de l’image qui m’est resté le plus longtemps en tête au sortir de la salle.























