Ce soir, la première sélection de la série X/VISION, présentée à la Maison Symphonique, fait la part belle à l’acoustique avec des prestations de Kara-Lis Coverdale et Kali Malone, deux figures majeures de la composition actuelle.
Je dis acoustique, on pas simplement parce que les instruments le sont : piano, ensemble à corde, orgue, mais parce que les propriétés du son en soi, jeux de timbre et de tonalité, sont au cœur de l’approche des compositrices respectives. Je m’attarderai ici sur l’offrande de Kara-Lis Coverdale.
Il me faut malheureusement commencer par une déception : si la performance annoncée devait combiner piano, orgue et ensemble à cordes, point d’orgue. Problème technique, problème de communication, autre chose? No sé.
C’est bien dommage. L’occasion de faire se rencontrer l’œuvre à l’orgue de deux compositrices aux approches résolument minimalistes, et pourtant clairement distinctes, était pour moi l’un des attraits majeurs de la soirée promise.
La performance de Coverdale s’est donc découpée en une première partie au piano, et une deuxième avec un octuor à corde dirigé par elle-même.
La première partie fût un ensemble de nocturnes tirées de l’album A Series of Actions in a Sphere of Forever . Résolument minimalistes, celles-ci m’évoquent certaines des compositions impressionnistes de John Cage, telles que « Dream » ou « In a Landscape ». Assise au piano, Coverdale nous a présenté de belles pièces, situées à la frontière de l’ambient, construites autour de motifs mélodiques simples et des contrastes marqués de tonalité, laissant longuement s’étirer les notes pour mettre en exergue la facture sonore inhérente au piano. J’aime assez ces compositions, qui font la part belle au presque silence. Il me faut cependant avouer que, sur scène, en l’absence des effets de captation et des effets numériques propres à l’album dont elles sont tirées, subtiles mais cruciaux, il me manquait quelque chose.
Mon ressenti est similaire pour la seconde section consacrée aux cordes, présentant ce que je crois être des pièces inédites de Kara-Lis Coverdale, qui n’ont pas été nommées. La compositrice à ici présenté une maîtrise certaine de la superposition des voies instrumentales, tirant des 8 instruments des drones riches harmoniquement, offrant un contre-pied plaisant au minimalisme dénudé du piano.
Malgré tout, je suis resté sur ma faim.























