Avec COCKPIT, présenté dimanche au programme de Play 2 à l’Atrium des Grands Ballets, la question de l’habitation de l’espace revient d’une autre manière.
Une structure s’impose au centre de l’Atrium, plaçant le public face à elle plutôt qu’autour d’elle. Sa forme m’a immédiatement évoqué une araignée. Lorsque Jenn Mong apparaît derrière celle-ci et commence à l’activer, ses gestes répétitifs, précis, parfois presque dansants, me font d’abord me demander : joue-t-elle avec l’araignée? La frontalité rend cette relation difficile à saisir; j’aurais aimé pouvoir circuler autour de la structure pour mieux comprendre ce qui se joue entre le corps et la machine.
C’est en comprenant que Mong manipule cette interface comme elle jouerait du piano que la pièce a véritablement pris son sens pour moi. Trevor Van de Velde assure la composition sonore et les différents set-ups de la structure, tandis que Mong l’interprète avec les codes d’une pianiste classique : précision, répétition, écoute et maîtrise du geste.
I am the machine. Human machine, machine human. Une prothèse.
Il y a quelque chose de très mécanique dans les mouvements de Mong, qui évoque à la fois l’ère industrielle et une forme de danse. C’est peut-être là que COCKPIT ouvre son potentiel le plus intéressant, dans la possibilité de penser cette structure non seulement comme un instrument à jouer, mais comme un objet à habiter physiquement. Le corps devient lui-même une interface entre l’humain et la machine, dans une relation où il devient progressivement difficile de savoir qui active qui.
Cette logique de réciprocité aurait, à mon sens, pu se prolonger davantage dans l’espace. La circularité qui existe dans le dialogue entre Mong, la structure et la composition sonore reste principalement contenue dans une relation frontale avec le public, malgré la spatialisation stéréo de la salle. Une disposition permettant de circuler autour de la structure aurait pu rendre cette relation plus tangible, tout en accentuant le potentiel chorégraphique de l’instrument.
Cette dimension m’a donné envie d’imaginer ce que pourrait devenir cet instrument dans un contexte encore plus chorégraphique. Que se passerait-il si l’interface était pensée non seulement comme un piano augmenté, mais comme un partenaire de mouvement? J’aurais aimé voir cette « araignée » devenir moins un objet à regarder qu’un espace autour duquel le corps, le son et la machine peuvent continuellement se réorganiser.























