J’étais très impatient de découvrir la prestation de Cleo Leigh, après l’annulation de sa participation à Mutek l’an dernier.Figure de proue de la scène musicale électronique de Saint John, Cleo Leigh est le pseudonyme de l’artiste Shauna Gilpin, à la fois DJ, productrice et performer. L’artiste de Terre-Neuve a également joué un rôle déterminant dans la vie nocturne de sa capitale, soit en participant à la fondation de lieux emblématiques tels LAVI SÈKS et STÄMPT. Marquées par l’improvisation sur matériel et la synthèse modulaire, ses performances live transmettent son indiscutable énergie.
En première partie du programme Metropolis 1, elle a présenté la première canadienne de Romance by Design, une improvisation techno live aux vertus hypnotiques, accompagnée de visuels impressionnants. Inspirée par les constructions géométriques de l’architecte Mario Botta, elle laisse l’émotion guider la musique, faisant émerger l’intimité et la tension à travers une conception sonore brute et rugueuse.
Alors qu’elle montait sur scène, des acclamations s’élevaient de la foule grandissante tandis que Gilpin se mettait sans cérémonie au travail. L’amphithéâtre a été submergé par un mur de son, tandis des percussions graves s’insinuent, submergent le tout et créent un sentiment d’urgence à travers cette montée en puissance.
Un écran audiovisuel lumineux brillait de blanc tandis que le son devenait de plus en plus angoissant. La batterie s’arrête par moments. Des extraits sonores dérangent, créent une atmosphère dystopique, chaotique, avec cette basse qui gronde comme le tonnerre.
Le set prend toute son ampleur avec ce fond d’écran rouge feu, incendiaire, infernal, pendant que Cléo Leigh se livre à une improvisation libre et exploratoire, ponctuée d’un défilé clignotements lumineux sur des rythmes saccadés.
Des sons microtonaux nous donnent alors l’impression d’écouter des cassettes audio avec tout ce ishhh granulaire. Cette techno minimaliste laisse ainsi chaque élément s’exprimer et s’intégrer au mix en arrière-plan. Des sons organiques parcourent l’ensemble de la proposition, la grosse caisse finit par prendre le dessus, et le sol tremble sous nos pieds.
Cléo Leigh s’aventure alors en zone profonde, des accords graves et puissants en expriment la marche, avant que le set ne se conclue par un arrêt prolongé et grinçant, tel un cœur qui s’éteint.
Photos: Frédérique Ménard-Aubin
























