Après la plongée nostalgique de Fennesz au programme X/Visions 3, la performance d’Ah! Kosmos et Hainbach suggérait un tout autre univers sonore. Le duo berlinois présentait la matière de Gentle Hum, album paru au printemps dernier. Album dans lequel synthétiseurs analogiques, appareils scientifiques, bandes magnétiques et voix traitées s’entremêlent pour former une vaste fresque ambient.
Face à face derrière leurs tables chargées d’instruments, les deux artistes semblaient mener une expérience à mi-chemin entre laboratoire sonore et performance électronique.
La musique est compacte, constamment sous tension, faite de pulsions, de bourdonnements, de gonflements et de nappes qui évoluent lentement. Ah! Kosmos et Hainbach manipulent ensemble synthétiseurs, instruments de mesure et bandes magnétiques, transformant ces machines en une matière sonore mouvante et émotionnellement riche.
Hainbach change notamment à l’occasion la bande magnétique suspendue à un pied de microphone, parmi les nombreux gestes qui ponctuent leur travail sur scène. Expérimentale sans jamais paraître trop théorique, leur musique conserve une chaleur mélancolique qui l’empêche de sombrer dans la morosité.
La mise en scène, volontairement dépouillée, plaçait toute l’attention sur les deux musiciens et leurs machines. Les éclairages de la Maison symphonique accompagnaient les montées musicales et accentuaient les passages plus délicats, sans chercher à concurrencer la proposition sonore.
J’ai pourtant été moins enivré que lors de la performance précédente. Je trouve fascinant qu’Ah! Kosmos et Hainbach parviennent à tirer une musique aussi riche en émotions de sources sonores aussi peu conventionnelles. Leur performance était sans reproche, tant dans sa structure que dans son exécution, et chaque geste semblait participer à une construction minutieuse.
Pourtant, malgré toute la richesse de leur proposition, elle ne m’a pas procuré le même émerveillement que la relecture d’Endless Summer. Cette réaction demeure évidemment personnelle, d’autant plus que l’enthousiasme manifeste de la salle témoignait de la force avec laquelle leur musique peut rejoindre son public.























