électronique / hip-hop / indie pop

Igloo Nouvel An: magie de minuit sur le quai Jacques-Cartier

par Léa Dieghi

Si les feux d’artifice lancés à la suite du décompte ont illuminé la scène de l’Igloofest, c’est véritablement la puissance de l’éclectisme de la musique québécoise qui a su éclairer cette fin d’année. En ce 31 décembre 2024, l’eau du fleuve saint-laurent semblait vibrer sous les accoups des basses, nous étions plus d’une cinquantaine de milliers à avoir dansé sur le quai Jacques-Cartier, pour fêter notre entrée en 2025. 

Ensemble. 

Doucement, la soirée commence. Les premières centaines de personnes se réunissent timidement face à la scène. On pousse les poussettes, réunit les enfants qui partent en courant aux quatre coins du festival. Des groupes d’amis ont déjà des bières dans les mains.   

Il y a les corps qui bougent, les instruments qui s’activent. 

Sans vraiment crier gare, alors que je m’achète un café à la crème d’érable -spécialité alcoolisée de l’Igloo, parfait pour se réchauffer le bout des doigts- les premières notes de musique détonnent, et la voix de Robert Robert réverbère à l’autre bout du site. 

Il est 20h, le show démarre.

Ils sont quatre sur scène et, dans leurs tenues décontractées, ils paraissent si petits sur l’immense scène de Vidéotron. Robert Robert, dans son jeans et son hoodie rouge, sautille partout. Il est volatil, sa voix est empreinte d’une joie de vivre qui coïncide avec son genre musical. Un peu pop, un peu house. De la musique électronique accompagnée de son lot d’acoustique, et dont les paroles aux histoires quasi universelles d’amour et d’amitié, de galères et de quotidien, font trémousser les premiers corps de cette soirée de fin d’année.

Entre ses chansons, l’auteur-compositeur-interprète n’hésite pas à partager avec le public, on est plusieurs à esquisser un sourire quand il nous dit que ses bas sont mouillés, parce qu’il a décidé de se produire sans chaussures. 

Puis, un peu comme il est entré, il repart avec humilité, sous les applaudissements du public, et le début du court DJ SET de Tallandskiinny. 

Alors on danse, de Stromae, Around the world de Daft Punk, Empire state of Mind d’Alicia Keys et de Jay-Z, pour ne citer qu’eux. Elle enchaîne les classiques des années 2000, véritable mash-up venu du passé et terrain fertile pour l’entrée en scène du groupe québécois hip-hop, un peu hybride mais carrément mythique, Alaclair ensemble. 

Avec une attitude de rois du monde, ils s’imposent sur la scène en commençant par leur titre La Famille. L’auditoire est déjà extatique, la performance est à couper le souffle. 

Entre hip-hop, funk, house, electro, et trap, ils enchaînent les classiques. La caméra les suit de près, tandis qu’ils sautent aux abords du public. Maintenant, la foule est véritablement déchaînée. Cette facilité avec laquelle leurs titres se succèdent, sans jamais perdre de leur énergie, est presque déconcertante. Ici, on a affaire à des gars qui savent ce que ça veut dire, réchauffer une piste de danse. En plein milieu de leur performance, l’hymne national du Canada en français retentit. Moment de pause, tout le monde chante en choeur. Et c’est reparti. Iconique !

Ce soir, Alaclair Ensemble semble avoir voulu nous donner une leçon: c’est comme ça, qu’on gère une foule. 

Après les beats électro, ils démarrent un slow. Avec une chanson d’amour, les couples se réunissent. Et sans vraiment qu’on s’y attende, ils disparaissent dans les coulisses. Leur show est fini, j’en aurai voulu encore plus. 

Nouveau DJ set, cette fois-ci de DJ POPTRT. Elle élève l’énergie un cran au-dessus, Champion et ses G-strings la font redescendre rapidement mais…

Ils ont beau avoir commencé doucement, nous sommes en milieu de performance,  la foule est encore plus dansante. Plusieurs personnes autour de moi me disent être venues spécialement pour la performance de cet OG de la musique électronique québécoise. Leur live est captivant, et beaucoup plus soul-jazzy que je m’y attendais. Les gens ont le sourire aux lèvres, certains chantent de concert avec la chanteuse soliste. Ça fait du bien au cœur. 

A l’approche de minuit, le site est tellement dense que la circulation en devient difficile. Pourtant, les gens continuent de se rapprocher les uns des autres, alors que CRi entre en scène, précédé par Arielle Roberge. 

Seul, face à la foule, accompagné par ses synthétiseurs et drum machines, CRi nous embarque dans son electro-house envoutante. Bientôt accompagné de Jesse Mac Cormack, puis de Louis-Jean Cormier et Klô Pelgag, Cri et ses invités nous escortent ensemble vers cette fin d’année. 

“10,9,8,7,6,5,4,3,2,1…” Les feux d’artifices explosent dans le ciel. Nous crions en accord. J’enlace mon amie en lui souhaitant une bonne année. Quelques larmes coulent sur son visage. Je réalise soudainement que toutes ces personnes autour de moi, inconnues et connues, partageront pour toujours ce souvenir vibrant de la performance de CRi et ses invités, derniers moments de 2024, et premiers bruissements de 2025. 

Electro-pop, R&B, hip-hop, trap, soul, jazz, indie-electronic, house, pour finir sur de la techno/tech-house mixé par LAURE, cet événement Igloo du Nouvel An se conclut en haute intensité de bruits et de mélodies, les pieds dans la boue d’un sol piétiné par les milliers d’enfants, familles choisies ou non, danseurs.ses, et amoureux.ses. 

Merci Igloo, son staff, ses bénévoles, et tous ces incroyables artistes pour la création de cet effort collectif et de cette célébration. 2025 commence avec le cœur débordant de musique. 

crédit photos: Alexis Monet

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