En finale de concours, ce jeudi 4 juin à la Maison symphonique, il ne fallait pas être surpris d’être surpris par les résultats! Chose certaine, nos trois finalistes sont tous des gagnants, et nous ont offert une belle soirée musicale. C’est le Japonais Koshiro Takeuchi qui remporte le grand prix, suivi de sa compatriote Sara Watanabe et de l’Américaine Laurel Gagnon.
La grande finale a commencé par le concerto de Tchaïkovski interprété par le Japonais Koshiro Takeuchi, qui ne semblait pas être le même musicien que la veille dans le Mozart…
Interprétation virtuose et fougueuse certes, mais comme dans le Mozart, les points d’ancrage rythmiques si importants dans ces envolées chargées de notes n’étaient pas toujours claires, ce qui rendait la cohésion avec l’orchestre un peu moins intelligible. La musique romantique insuffle une instabilité du tempo pour exprimer le contenu émotif, mais cette rythmique aurait peut- être eu besoin d’un peu plus d’espace, d’oxygène comme dirait Diane Dufresne. Le mouvement lent méritait une meilleure présence dans un début très timide aux côtés de ce grand orchestre…Le public a tout de même bien apprécié cette prestation!

Crédit: Tam Photography
Sara Watanabe nous a ensuite offert une solide prestation du 2e concerto de Bartok, peut-être moins vendeur que Tchaïkovski dans le contexte… Comme dans la chaconne de Bach en première ronde, elle a démontré un sens aigu de la structure et de la direction, pour le bénéfice de la trame narrative. Elle incarne de façon magistrale les épisodes rythmiques démoniaques, mais aussi les ambiances mystérieuses et abstraites du deuxième mouvement. Elle occupe parfaitement la place qu’elle doit prendre par rapport à l’orchestre, comme si elle était elle-même aux commandes du mixage!
Malheureusement, l’Américaine Laurel Gagnon (dont certains ancêtres viennent de Sherbrooke! ) semblait affectée par la fatigue ou la nervosité… et n’a pu offrir l’interprétation attendue. Néanmoins, elle nous a émus avec son expressivité , particulièrement dans le suraigu!! Si l’épreuve Mozart a pour objet de démontrer la polyvalence de style, elle devrait remporter le grand prix… Son Mozart de la veille, raffiné et espiègle, contrastait complètement avec son Brahms hyper romantique et expressif. Elle offrait un cadeau à chaque note !
Les concours font vivre beaucoup d’émotions à tout le monde qui en est témoin, les candidats, les juges, le public. C’est peut-être la seule chose avec laquelle il y a unanimité.
Il sera intéressant de suivre la carrière de ces jeunes si talentueux (et pas juste les 3 finalistes) qui se lancent dans la jungle !
Crédit photo: Tam Photography

Crédit: Tam Photograpy























