Le fado est le style musical emblématique du Portugal, il est ce que le tango représente pour l’Argentine. Un océan de tristesse, qui vous submerge, qui incarne la saudade, cette expression portugaise qui mélange la tristesse et le bien-être. Le fado est portugais, mais serti d’influences arabes et brésiliennes. Les musiques sont toujours métissées.
Vous êtes nombreuses et nombreux à visiter ou à envisager de vous rendre au Portugal, où de multiples spectacles de fado vous seront offerts.
Personnellement, je trouve le genre un peu trop larmoyant, bien qu’il faut reconnaître que certains interprètes, autant féminins que masculins, ont de grandes voix qui peuvent transpercer nos âmes. Au cours d’un séjour récent au Portugal, je me suis mis à la recherche de gens qui ont fait évoluer le genre en l’actualisant.
Júlio Resende est un pianiste portugais qui s’est d’abord fait un nom sur la scène jazz du pays, qui est beaucoup plus vaste qu’on peut le croire. Très vite, il a tenu compte des influences traditionnelles portugaises, en particulier du fado, pour élaborer ses thèmes musicaux. « Il fait avec le fado ce que Keith Jarrett a fait avec les standards de jazz », a écrit le quotidien espagnol El Pais, en 2017.
Cet article faisait référence à des albums de piano solo, réalisés entre 2013 et 2016, dont un était consacré à Amália Rodrigues, la chanteuse la plus célèbre du fado. En octobre 2025, paraissait le plus récent et le dixième opus du prolifique compositeur. Piano Português Namora Guitarra Portugesa Feat Bruno Chaveiro est, comme le titre l’indique en portugais, un mariage amoureux entre un piano et une guitare portugaise.
Bruno Chaveiro, un des plus grand virtuose de ces guitares à huit ou douze cordes, unique au Portugal, dialogue et improvise avec Resende, de manière très fluide. Nous sommes à la frontière du jazz et du fado, mais les deux complices effleurent aussi le folklore portugais et les musiques brésiliennes et africaines. Après tout, ces musiques sont liées à l’histoire de l’empire portugais mais aussi au Lisbonne multiculturel d’aujourd’hui, qui rassemble tous ces gens.
Júlio Resende n’a pas fini de nous étonner. Sa vaste discographie a embrassé le hip-hop et l’électronique, le trio jazz standard (piano, contrebasse, batterie), et a produit deux disques avec un groupe de fado jazz, qui raconte en musique l’histoire compliquée du petit pays de 10 millions d’habitants, qu’il continue d’habiter.
Resende réinvente le fado sans le dénaturer. Il l’enrichit. Et ça donne de la superbe musique.






















