Le fado est le style musical emblématique du Portugal, il est ce que le tango représente pour l’Argentine. Un océan de tristesse, qui vous submerge, qui incarne la saudade, cette expression portugaise qui mélange la tristesse et le bien-être. Le fado est portugais, mais serti d’influences arabes et brésiliennes. Les musiques sont toujours métissées.
Vous êtes nombreuses et nombreux à visiter ou à envisager de vous rendre au Portugal, où de multiples spectacles de fado vous seront offerts.
Personnellement, je trouve le genre un peu trop larmoyant, bien qu’il faut reconnaître que certains interprètes, autant féminins que masculins, ont de grandes voix qui peuvent transpercer nos âmes. Au cours d’un séjour récent au Portugal, je me suis mis à la recherche de gens qui ont fait évoluer le genre en l’actualisant. En voici trois exemples.
Gisela João a débuté dans la tradition du fado, avec des accompagnements de guitares portugaises, au son si particulier, qui accompagnent sa voix enveloppante et plutôt grave. Classique.
À partir de 2020, Gisela s’ouvre à d’autres influences: musique orchestrale, sonorités arabes, quelques sonorités pop. En 2025, Inquieta amène cette transformation à un autre niveau.
La voix est plus retenue et moins larmoyante. On entend du piano vaporeux, des guitares électriques, un violon discret, des claviers subtils. Et ceci change tout. Certaines pièces sont des compositions, d’autres sont des arrangements de grands classiques, qui sont difficiles à reconnaître tellement les arrangements du guitariste Carlos Rodenas Martinez les transforment.
Gisela João et son brillant arrangeur nous emmènent dans un Portugal moderne et, en même temps, intemporel, si vous me permettez le pléonasme. Sur Canção De Embalar, une chanson pour enfant traditionnelle, quelques cordes et une multitude de voix nous plongent dans un univers méditatif et apaisant. Inquietação (inquiétude) est la pièce qui rappelle le plus le fado.






















