Depuis sa naissance il y a maintenant trente ans, la formation britannique Tindersticks marche sur le mince fil qui sépare le renouvellement et la redite. Disque après disque, Stuart Staples et ses dandys mélancoliques creusent le même sillon, celui des chants d’amours déçues. Après douze albums, force est d’admettre qu’ils ont réussi l’exploit de s’en tenir à ce registre tout en rebrassant les cartes à chaque fois. La présente pandémie a fait faire à ces équilibristes de la pop de chambre quelques pas de plus sur la corde raide en les forçant à annuler leur dernière tournée pour se plonger dans une nouvelle aventure qui désorientera même les initiés. Exit les orchestrations léchées des albums précédents. Elles cèdent le terrain à des boucles rythmiques électroniques et des arrangements squelettiques. Avec ses onze minutes au compteur, sa ligne de basse entêtante et son rythme hypnotique, Man Alone (Can’t Stop the Fading) est une entrée en matière radicalement déstabilisante. Ensuite, les ambiances narcotiques de la planante I Imagine You, ne nous ramènent pas en terrain plus connu. Puis, la bande de Notthingam enchaîne trois réinventions plus que probantes en revisitant Neil Young, Dory Previn et Television Personalities. La surprise qui nous attend par la suite est de taille puisque Tue-moi – qui n’a rien à voir avec la ballade popularisée par Dan Bigras ou Laurent Voulzy – est chantée en français par Staples qui n’est accompagnée que d’un piano. Il s’agit d’une très touchante élégie inspirée des funestes évènements du Bataclan en 2015. Pour conclure, The Bough Bends est un autre morceau-fleuve de plus de neuf minutes sur lequel la formation, qui s’est rarement montrée aussi ambitieuse, semble contempler le chemin parcouru jusque-là avant d’emprunter de nouveaux sentiers non balisés. Décidément, après trois décennies de loyaux services, ces chantres du cafard n’ont pas dit leur dernier mot.
Tout le contenu 360
Critique de concert
Nuits d’Afrique 2026 | Une voix de référence en ouverture du 40e anniversaire
Par Alain Brunet
Critique de concert rock/microtonal
La Noce 2026 | The Day I Discovered Angine de Poitrine
Par Fabio Pregnolato
Interview classique occidental/classique
Concerts Lyriques de l’ICAV | Nathalie Deschamps enseigne la mise en scène d’opéra et la pratique
Par Alain Brunet
Critique de concert Afrique/blues/americana
La Noce 2026 | Etran de L’Aïr lights Up La Noce
Par Fabio Pregnolato
Interview classique occidental/classique
Concerts Lyriques de l’ICAV | Premières impressions d’une stagiaire australienne: Cassandra Doyle
Par Alain Brunet
Interview classique occidental/classique
Concerts Lyriques de l’ICAV | Un Gala d’opéra expliqué par maestro Simon Charette
Par Alain Brunet
Interview classique occidental/classique
Concerts Lyriques et formations de l’ICAV | Marc Antoine d’Aragon à la barre
Par Alain Brunet
Interview Afrique
Échanges franco-béninois, en concert aux Nuits d’Afrique, en ITV à PAN M
Par Alain Brunet
Interview Afrique
Nuits d’Afrique 2026 | Senny Camara et Yamoussa Bangoura au sommet de l’art de la kora
Par Sandra Gasana
Critique de concert jazz
FIJM 2026 | Solarium : plein soleil sur du bon jazz Keb
Par Frédéric Cardin
Critique de concert
Lanaudière 2026 | Immersion dans la nature au Gala de la Terre
Par Chloé Rouffignac
Critique de concert rock/punk
La Noce 2026 | Enfants Sauvages éclairs chauds chauds
Par Florence Cantin
Critique de concert jazz
FIJM 2026 | McBride / Lage, quelle façon de conclure le FIJM !
Par Vitta Morales
Interview jazz
FIJM 2026 | A Love Supreme interprété sans fioritures par le quartette d’Isaiah Collier
Par Alain Brunet
Critique de concert classique occidental/classique
FIJM 2026 | Se pâmer pour Pamart
Par Alain Brunet
Critique de concert jazz
FIJM 2026 | Chez Kassa Overall, pas de frontière entre jazz et hip-hop
Par Harry Skinner
Interview folk/americana/rock/traditionnel
Chants de Vielles | Paruline: indie folk, indie rock, trad, aviaire
Par Jeremy Fortin
Interview musique traditionnelle mexicaine
Chants de Vielles | Los Vega: le son jarocho de Veracruz à Saint-Antoine-sur-Richelieu
Par Alain Brunet
Critique de concert jazz
FIJM 2026 | Anamaria Oramas fait rayonner un jazz colombien authentique
Par Michel Labrecque
Interview























