Les férus montréalais de musiques contemporaines et expérimentales connaissent la saxophoniste, chanteuse et productrice Ida Toninato. Bien qu’elle ait déjà collaboré au festival en 2025 avec son collègue Pierre-Luc Lecours, dans la foulée de l’album Homeostasis, sorti l’an dernier, le « grand public » de MUTEK venu aux concerts gratuits, découvrait la musicienne au tout début de leur parcours, soit mardi, juste après les allocutions d’ouverture sur la scène de l’Esplanade Tranquille.
Son premier album, Strangeness is Gratitude (Kohlenstoff Records, 2016), marque son entrée sur la scène contemporaine. Collaboratrice engagée, elle enregistrait en 2017 The Space Between Us avec Jennifer Thiessen. Son troisième album sorti en 2020, We Become Giants (Dragon’s Eye Recordings), fut enregistré dans une ancienne citerne d’eau, la musicienne y explorant du coup le timbre et la réverbération. En 2022, Ida Itonato revenait au duo avec sa collègue pour l’album Dream of Heat, réalisé par le saxophoniste et ex-Montréalais Jason Sharp, enregistré par Radwan Ghazi-Moumneh au fameux studio Hotel2Tango.
Son nouveau projet live, House of Love, se veut encore plus proche du corps, du souffle, d’une sensuelle animalité et d’une inclination à la transe générée par le mouvement.
Fait d’une toile cuivrée et rutilante, son costume de scène se voulait visiblement le prolongement esthétique de son saxophone baryton, un de ses deux instruments de prédilection, l’autre étant son organe vocal qui n’a rien de baryton. Plutôt aérienne et haut perchée, la voix d’Ida Toninato contraste avec les graves fréquences son saxophone qu’elle laisse parfois de côté pour mettre de l’avant ses mélodies vocales. Une trame électronique soutient son chant, son saxophone et sa gestuelle de scène.
Nous sommes ici dans une ambiance entre le post-punk et les nouvelles formes de musiques contemporaines, le tout couplé à une voix aérienne à la Loreena McKennitt, créature célèbre du Nouvel-Âge celtique comme on le sait.
Ida Toninato ne renie certes pas son passé contemporain qu’elle intègre à une forme chanson qu’elle allonge de vocalises et de lignes mélodiques simples et élégantes au saxo baryton.
« Son travail cherche à brouiller les frontières entre instrument, voix, espace et corps, transformant chaque performance en expérience d’écoute unique », peut-on lire à son sujet sur le site de MUTEK. Bel effort de la musicienne et chanteuse, qui n’écarte pas la mélodie ni l’harmonie à ses déphasages rythmiques et recherches électroacoustiques.























