Thierry Larose serait-il l’auteur-compositeur-interprète de l’heure en Amérique francophone? Poser la question… La sortie imminente de Sprint !, son deuxième album studio, suscite l’admiration de la critique patentée. Déjà, apprenait-on samedi sur les ondes de la SRC, soit à l’excelente émission Tout peut arriver de Marie-Louise Arsenault, les fans du jeune homme savaient déjà par cœur toutes ses nouvelles chansons rendues publiques il y a quelques jours à peine. Ainsi s’exclame-t-on qu’il puisse évoquer le peintre romantique Eugène Delacroix dans sa chanson Portrait d’une Marianne, on accueille avec emphase sa maîtrise précoce d’une langue malmenée. Thierry Larose s’avère effectivement un parolier au-dessus de la (faible) moyenne francophone québécoise. Force est d’observer son usage plus qu’acceptable d’un français québécois de bon aloi, c’est-à-dire régionalement savoureux mais sans erreurs syntaxiques ou grammaticales, sans usage erroné des termes, apparaît ici comme une démarche d’exception. Mais bon, ne boudons pas notre plaisir dans un contexte peu favorable à l’émancipation du français. Manifestant un véritable sens de la parole, Thierry Larose se prémunit ainsi de « vieillir plus vite qu’une mauvaise blague », pour reprendre un des nombreux exemples de sa plume acérée. Musicalement, toutefois… Thierry Larose m’apparaît comme un artiste plutôt conformiste, les actualisations de Sprint s’avèrent minces et peu aventureuses. C’est de la pop classique assortie de quelques épices pop-punk ou synthpop, Génériques pour la plupart, ces musiques portées par une voix frêle et haut perchée se trouvent néanmoins au service de textes vraiment inspirés. Ce déséquilibre flagrant entre notes et mots ne nuit donc pas à son auteur-compositeur, ladite chanson “à texte” ayant ses qualité propres. À ce titre, Thierry Larose mérite toute notre attention.
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