L’engouement autour de The Geese/Cameron Winter ne faiblit pas, et cet album Live at Carnegie Hall constitue un nouveau tremplin vers l’univers décalé du reportage musical et de la composition pour ce jeune crooner. Le fait que Cameron Winter donne un concert à guichets fermés au Carnegie Hall à 23 ans est-il un événement monumental ? Oui, tout à fait. Cela le place au même niveau que Bob Dylan, qui s’y était produit à l’âge de 20 ans… Ce battage médiatique est-il vraiment justifié ? Si vous aimez les morceaux en solo de Winter, alors oui, il l’est.
Le son est cristallin ; on y retrouve la sonorité gigantesque du piano à queue et l’humour classique de Winter, tourmenté et aux syllabes interminables, tandis que la foule s’emballe avant de retomber dans un silence absolu. La plupart des morceaux proviennent de Heavy Metal et quelques-uns de l’EP Singles, mais il ouvre cet album live avec « It All Fell in the River », un nouveau titre. Or, ce nouveau morceau ressemble à un titre méconnu tiré de Heavy Metal : un folk au piano très sombre, associé au flux de conscience de Winter. « Emperor XIII in Shades » est un autre nouveau titre, une nouvelle histoire monolithique qui semble trop vaste pour avoir un sens. Encore une fois, si vous aimez les divagations poétiques de Winter, vous allez adorer celle-ci. Mais Winter, je voudrais te demander : qu’est-ce qu’un « nude saddle burner » ?
J’ai l’impression que Winter est un type très réservé et mal à l’aise qui s’est retrouvé propulsé sous les feux de la rampe, mais sur cet album, on le découvre vraiment en train de faire ce qu’il fait de mieux : chanter d’une voix suave, parfois de manière incohérente. Le mixage de l’album est également d’une grande pureté, les morceaux s’enchaînant les uns après les autres, ce qui s’apprécie particulièrement lors de l’outro de « Nina + Field of Cops », sans doute l’un de mes morceaux préférés sur Heavy Metal et sur cet album.
Cet album live sera également accompagné d’un film de concert, réalisé par Paul Thomas Anderson (juste après la sortie de One Battle After Another) et en partie tourné par Benny Safdie en 35 mm. La bande-annonce montre qu’il s’agira d’un film de concert pur et simple, sans véritable mise en scène, si ce n’est celle des spectateurs qui achètent leurs billets puis assistent au spectacle. Même si j’apprécie qu’Anderson mise sur le réalisme et fasse de ce film un hommage à la musique, il ne fait que perpétuer cet engouement médiatique. Je suis sûr qu’il est fan, mais il est vraiment étrange que tant de créatifs accordent encore autant d’importance à cet artiste.























