Dimanche, 1er novembre, début officiel de la « grande noirceur » chez nous, avec le changement d’heure. Une espèce de glissement du temps, pourrait-on argumenter. Ça tombait bien: le vénérable Jazzlab Orchestra nous a inondé de luminosité musicale, en nous livrant, en première, un concert qui nous a fait entendre l’intégrale de son nouvel album, intitulé Glissements du Temps.
Comme nous l’a déjà expliqué en entrevue Alain Bédard, contrebassiste et fondateur du groupe, le Jazzlab Orchestra vient de faire paraître son neuvième opus, dans un parcours qui dure depuis maintenant 22 ans. Pas loin de 70 musiciens sont passés par ce groupe, qui se transforme au gré des disques et des disponibilités de chaque musicien. « C’est un espace de création permanent », aime dire Alain, également fondateur de la maison de disque Effendi, où beaucoup d’artistes québécois ont enregistré.
Il faut dire qu’au quatrième soir de ce premier festival Jazz@Vue, nous étions déjà gavés de notes et d’improvisation. Cet acte final nous a achevés de très belle façon.
Le Jazzlab, c’est d’abord la section de cinq cuivres et anches, admirablement complétée par la section rythmique d’Alain Bédard et de son vieux complice, Michel Lambert, optimal à la batterie. Michel sait aussi composer, comme l’a démontré la première pièce Thanks Collier, qui comporte des couches de nuances. La nuance, c’est un forte de ce groupe, nous avons pu le constater tout au long de cette soirée.
Au piano, nous avons eu droit à un « deux pour un »: Marie-Fatima Rudolf, très mélodique, est devenue la pianiste principale du Jazzlab; mais en ce soir de première, le groupe a invité le vénérable François Bourassa, qui a composé deux pièces pour Glissements du Temps, à les jouer sur scène.
Pour ce qui est des cuivres, Annie Dominique, Erik Hove, Michael Johancsik, Thomas Morelli-Bernard, et Nicolas Riverin, ont alterné les multiples instruments, dans un formidable connivence harmonique et, au besoin, dissonante, avec des très solides solos de chacun.
Pour élargir nos sens et notre perception, nous avons eu droit à un artiste visuel, le fils de Michel Lambert, qui dessinait sur un écran derrière l’orchestre, ainsi qu’à la danseuse Claudia Chan Tak, québécoise d’origine malgache et chinoise, qui improvisait sur la musique. Brillante idée!
Ce concert a mis fin à la première édition du Jazz@Vue. Nous envisageons déjà la suivante avec appétit.
Photo : Thüryn Mitchell, Productions NordSud























