La communauté algérienne de Montréal est sortie en grand nombre pour aller apprécier le grand chanteur et guitariste Baaziz, qui a ouvert la 27ème édition du Festival du monde arabe. Vêtu d’une marinière sous un veston et d’un foulard noué autour du cou, il annonce d’emblée ses couleurs : Algérien mais basé en France depuis plusieurs années. Et ce n’est pas que dans l’accoutrement que l’on retrouve cette influence française mais également dans sa musique qui mélange parfois les codes de la variété française à la Brassens tout en y incorporant des sonorités maghrébines. D’ailleurs, nous avons eu droit à une interprétation de Brassens à la sauce châabi.
Toutes les générations étaient représentées au Théâtre Beanfield. Dès son entrée sur scène, il lance des blagues à tout bout de chant, raconte des histoires avant chaque chanson, toutes aussi drôles les unes que les autres, on avait l’impression d’assister à un show d’humour avec de la musique. La satire, les vérités sans filtre, l’autodérision, bref, nous avions toutes les facette de Baaziz, qui était accompagné pour l’occasion par deux guitaristes, un contrebassiste et un percussionniste pour son tout premier show dans la ville.
Il insère du français dans ses chansons en arabe, ainsi que lorsqu’il s’adresse à la foule. D’ailleurs, ces bribes de français m’aidaient à comprendre les quelques mots d’arabe que je saisissais, résultat : je comprenais à 90% de quoi il parlait.
Il a fait chanter la salle dès le premier morceau, mais l’a ensuite fait pleurer lors du deuxième. En effet, c’était l’un des moments forts du concert puisqu’il rendait hommage à son père et a partagé une histoire à son sujet juste avant. La salle, y compris moi, étions en larmes à la fin du morceau.
« Bon, j’ai bien plombé l’atmosphère », remarque-t-il avant d’enchainer avec une série de blagues qui nous ont fait oublier ce petit moment de tristesse. Il nous a également partagé des histoires sur sa femme pour qui il a beaucoup d’affection, ainsi que sa mère qui était très fière de lui. Une chanson est même née de cette admiration maternelle intitulée « The best », teintée d’humour et qui a mis de la joie dans la salle. L’audience applaudissait régulièrement durant ses chansons, comme pour rajouter une autre touche percussive.
Par moments, il prenait la guitare de l’un des musiciens pour gratter dessus sur un morceau, pendant que ce musicien jouait le banjo. Il mêlait des chansons de ses albums à des classiques algériens que toute la salle connaissait par cœur.
C’est peut-être son premier concert à Montréal mais je suis certaine que ce ne sera pas son dernier. Et vu qu’il n’est plus trop jeune, il faut le faire revenir le plus souvent possible parce qu’en plus d’être un chanteur talentueux, il est également un excellent conteur, un humoriste hors pair et on a vraiment l’impression qu’il s’amuse sur scène. Et ça, ça fait du bien par les temps qui courent.























