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En mai dernier, Émie R Roussel et ses deux acolytes ont fait paraître leur dernière mouture, TERR. Ce vendredi 30 octobre au Théâtre Outremont, la matière de cet album sera interprétée par ce trio, soit en première partie de l’ensemble du pianiste Yves Léveillé avec pour invité l’accordéoniste français Daniel Mille. Pour en savoir plus sur le premier plat de cette affiche alléchante, Michel Labrecque a discuté avec la pianiste montréalaise (originaire de Rimouski) sur le parcours de ce trio, complété par Nicolas Bédard à la basse électrique et de Dominique Cloutier à la batterie.
PAN M 360: Emie, malgré votre jeune âge (38 ans), vous et vos acolytes êtes devenus des vétérans, avec six albums derrière la cravate. Comment votre nouveau disque TERR incarne-t-il l’évolution du groupe?
Emie R Roussel: C’est vrai que les années ont passé vite depuis la fin de mes études en musique. Je dirais qu’on a sorti des albums à peu près à tous les deux ans, à l’exception d’un écart plus grand entre le précédent et notre nouveau né. Rythme de Passage est sorti en pleine pandémie (2020) , ce qui a compliqué certaines choses. Et TERR a vu le jour en mai dernier.
PAN M 360: TERR est un titre que vous n’avez pas choisi par hasard.
Emie R Roussel: Oui, c’est à la fois un anagramme avec notre nom: les premières lettres de Trio Emie R Roussel, mais clairement nous voulions souligner notre appartenance à cette planète que nous habitons et aussi aux gens avec qui on la partage, sur sa vulnérabilité aussi, la fragilité de l’univers.
PAN M 360: Et comment la musique a-t-elle évolué? Il y a tellement de trios de jazz piano basse batterie, ce n’est pas toujours facile de se distinguer !
Emie R Roussel: C’est vrai, mais il y a tellement de bons musiciens ici et ailleurs. Je pense que nous avons acquis une identité particulière, il nous faut la maintenir tout en évoluant. Depuis quelques albums, nous utilisons dé plus en plus d’instruments électriques, la basse, les claviers. Cette dualité acoustique électrique s’accentue avec TERR. Il faut ajouter qu’entre-temps, mon conjoint et moi avons déménagé de Rimouski à Montréal, avec un studio dans notre maison. Même si j’avais un pied à terre auparavant, habiter à Montréal en permanence m’a permis de rencontrer et de collaborer avec tellement de musiciens et de groupes aux influences très diverses, a nourri ma musique et a absolument eu un impact sur notre trio.
Il y a aussi la recherche sonore des instruments que nous avons peaufiné, incluant l’option Dolby Atmos, qui transforme la façon de mixer et d’expérimenter. Nous avons collaboré avec Jacques Roy, qui a réalisé des albums de Dominique Fils-Aimé, ce qui nous a amené dans des nouvelles dimensions. Mais nous voulons conserver notre identité première et non la dénaturer.
PAN M 360: Si j’essaie de vulgariser votre identité musicale, tout en restant un profane du jazz, je dirais que vous n’êtes pas des obsédés de l’improvisation à tout prix, vous avez une approche très mélodique, avec une batterie assez incisive.
EMIE R Roussel: Oui, nous sommes tous influencés, pas uniquement par le jazz. Personnellement, j’ai toujours écouté de la pop, du rock, du R&B, inévitablement, même involontairement, on gobe tout ça. Je trouve toujours très important la communication entre nous trois, même si c’est moi qui compose la majorité des pièces, le regard et la vision des deux autres est tellement important.
PAN M 360: Vous avez aussi reçu d’excellentes critiques de médias étrangers. C’est chouette quand même!
Emie R Roussel: Nous avons quand même tourné et pas seulement en Europe. La chance de se produire en Australie, au Mexique, nous a fait vivre de superbes expériences. Et oui, certains nous ont fait des critiques positives.
PAN M 360: Ce vendredi 30 octobre, j’ai compris que vous nous présenterez l’intégralité de TERR. C’est ça?
Emie R Roussel: Tout à fait, le format du programme double nous restreint à une heure de concert. Donc, nous allons livrer l’album, avec quand même un peu plus de place pour l’improvisation sur scène que sur disque. J’espère que beaucoup de gens viendront nous voir. Ce nouveau mini festival , Jazz@Vue, est vraiment pour nous une belle occasion. Ce genre d’initiative est très important, pour permettre aux créateurs de musiques plus nichées de nous produire dans une magnifique salle comme le Théâtre Outremont.
Crédit photo: Mathieu Gosselin au Festijazz de Rimouski























