Un samedi soir d’Halloween à Outremont. La rue Bernard frémissait de monstres sympathiques, petits et grands. Sans se douter, probablement, qu’à l’intérieur du Théâtre Outremont se déroulait le troisième ‘’plateau double’’ du nouveau festival Jazz@vue, organisé par le Théâtre Outremont en collaboration avec le label Effendi, les Productions Yves Léveillé et les Productions Félix Stüssi. Troisième soirée ou deux ensembles se partagent la scène à tour de rôle. En cette soirée des morts, c’était la musique plutôt vitale et tonique du duo parisien Léno (pour le pianiste LÉonardo Montana et le batteur ArNAUD Dolmen) qui couvrait la première moitié de l’affiche.
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Musique énergisante, oui, tout à fait. Un piano palpiteur, percussif, qui s’épanouit généreusement en intensité dramatique et en force expressive à mesure que progressent les pièces. Un discours mélodique hachuré, fragmenté mais incessamment groovy. Un ami me faisait remarquer que ce type (Leonardo Montana, tout comme Dolmen le batteur, j’y reviendrai) doit avoir un troisième bras caché pour ajouter des notes.
Arnaud Dolmen, autre doué des mains, impressionne par sa technique hyper assurée. Cet artiste des baguettes maintient la pulsation, mais s’amuse avec elle comme un chat avec une balle, la faisant s’envoler, rouler et bondir dans des parcours surprenant, toujours excitants.
Les deux garçons mélangent les sonorités et influences du jazz moderne très informé de bop et post bop, mais aussi beaucoup de résonances antillaises (Dolmen est Guadeloupéen) et moderno brésilienne (plusieurs échos à Milton Nascimento, du moins à mes oreilles). Ce bel oecuménisme sert de cadre expressif à des relectures épatantes de Mongo Santamaria (Afro Blue), Wayne Shorter (Joy Rider), du Pedro Aznar et certaines compos personnelles (Spirale) issues de leur album éponyme sorti en 2024.
Le genre de show qui me rend heureux, car c’est assurément l’une des belles perfos musicales jazz de mon année 2026! Il faudra les réinviter. Mais aussi, le genre de show qui, malheureusement, m’attriste, parce que le Théâtre Outremont semblait bien trop vaste pour le public présent. Un peu gênant. Comment ce haut niveau de qualité artistique peut-il rester aussi confidentiel dans les médias (à part chez PanM)?
La deuxième partie était assurée par la musique tout en élégance et en finesse contemporaine, mais accessible, du trio de Gentiane MG. De bons extraits de l’album Can You hear the Birds? sorti en mars dernier, et dont je vous proposais une recension positive.
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Je disais ceci de la musique de l’album : … invite instinctivement à respirer, à nous détendre et à laisser l’impulsion du moment se faire un nid et stimuler notre imagination. Une aération du jeu et des phrases, une douceur des interactions entre les trois artistes…
Évidemment, sur scène, la spontanéité prend de l’expansion, la liberté s’ébroue un peu plus, mais en général l’esprit est entièrement respecté et contribue à conclure une très belle soirée, unie par la juxtaposition de deux visions différentes mais complémentaires du jazz contemporain.























