Le guitariste Samuel Bonnet sort son neuvième album en tant que leader, Slow, un titre qui pourra paraître contre intuitif à la première écoute. En effet, il ne s’agit pas d’un programme de balades ou d’introspections contemplatives. Des huit plages de l’album, seulement deux adoptent véritablement un pas relaxe. Les autres swinguent agréablement, sans esbroufe, mais à bon rythme tout de même. Pourquoi donc ce titre?
Pour Bonnet, il s’agit plutôt d’une attitude et d’une façon de penser. La pandémie a d’abord changé des choses en lui. Et suite à la rencontre avec la philosophie du ‘’slow life’’ en Italie, et de la pensée de l’Ayurveda indienne (philosophie de l’équilibre), Bonnet a eu envie de laisser derrière lui la vie nerveuse et ‘’toujours en urgence’’ de l’Occident.
Il a donc pris le temps de construire son nouveau répertoire avec un sentiment de plénitude renouvelé. Le même esprit semble aussi habiter son interprétation, même dans les passages plus alertes. On y ressent un soin à laisser les phrases se déployer, et les mélodies s’étendre pleinement.
Bonnet est entouré de fidèles partenaires : Jonathan-Guillaume Boudreau à la contrebasse et Simon Bergeron à la batterie. Mais il a également eu l’idée, excellente, d’ajouter la présence de Joe Magnarelli à la trompette et au flugelhorn dans quatre titres. Le jeu élégant, le son coussiné et la présence assurée du vétéran états-unien apporte une superbe dimension à l’ensemble. On a parfois l’impression que des fantômes plutôt sereins du hard bop des années 60, genre Freddie Hubbard ou Lee Morgan, ou mieux encore, le duo Kenny Burrell/Kenny Dorham, flottent derrière cette musique. Mais, bien entendu, Bonnet, Magnarelli et consorts ne font pas de pastiche. Ils s’approprient ce riche héritage à leur manière.
Un album qui adoucit les mœurs tout en demeurant stimulant.
Joe Magnarelli – Trompette, Flugelhorn (1, 2, 6, 8)
Samuel Bonnet – Guitare
Jonathan-Guillaume Boudreau – Contrebasse
Simon Bergeron – Batterie






















