Programme chargé en ce mardi 6 octobre, trois formations fort différentes les unes des autres se sont succédées sur la petite scène de la Casa del Popolo.
D’abord le trio français Malqa – mot arabe signifiant lieu de rencontre – dont la musique allie traditionnel et contemporain. Il est composé de la chanteuse et oudiste d’origine palestinienne Kamilya Jubran et de duo Noorg, formé de Loïc Guénin aux percussions, aux objets sonores divers, aux claviers analogiques et à la voix et d’Éric Brochard à l’électronique qui ont tissé derrière Madame Jubran une trame hypnotique étoffée sans être trop chargée.
Suivait un quatuor formé de la multi-instrumentiste montréalaise d’origine américaine Althea Sully Cole à la kora, du Malien Samba Lobi Traoré à la guitare électrique, du batteur montréalais Jahsun et du musicien américain, spécialisé en instruments à vent non occidentaux, Bill Cole au didgeridoo. Celui dont il jouait est d’ailleurs le plus imposant que l’auteur de ces lignes ait jamais vu, il faisait plus de deux mètres de long.
La kora, la guitare, peu amplifiée, et la batterie, tout en subtilité, ont créé une tapisserie pointilliste assez délicate pendant que le didgeridoo faisait ses psalmodies de deuxième sous-sol. Tout au long de la pièce unique improvisée par le groupe, j’ai eu l’impression de serpenter au gré des méandres d’une rivière, avec des rayons de soleil qui perçaient de temps à autre le couvert des arbres. Le paysage ne changeait pas beaucoup, mais quand on se laisse ainsi voguer…
Le plat de résistance, le « Sommet des tubas », était assez consistant, merci. J’ai rarement vu autant de musiciens occuper la petite scène de la Casa. Je ne les nommerai pas tous, ils étaient neuf. Trois tubas, dont celui de Bob Stewart, à la direction, le soubassophone (mieux connu sur nos rivages sous le nom de sousaphone) de Julie Richard – aussi instigatrice du projet –, deux trombones, un saxo ténor, une clarinette basse/flûte traversière et une batterie.
Tout ce beau monde a d’abord entonné le Bemsha Swing de Thelonious Monk, l’une des pièces fétiches de Bob Stewart, avant de passer à d’autres plus proches de l’esprit dixieland propre aux formations dotées de ce genre d’instrumentation.
Ce qui était particulier, c’était de voir l’effet créé par les trois tubas et le soubassophone. En raison du caractère presque percussif de l’attaque et des textures des notes produites par ces instruments, la trame presque bouillonnante des graves avait une profondeur, une densité et une richesse inhabituelles qui propulsait littéralement les notes claires et aigües des autres instruments. C’était exubérant et festif à souhait.
Photo : Jacques Gravel























