« Tous les hommes détestent les femmes ». La première fois que j’ai entendu le titre Bitch de Belladone sur les ondes de CISM, je me souviens avoir ressenti une peine viscérale que j’avais du mal à extérioriser.
Je me dirige à la pulperie vendredi pour Belladone, un artiste qui fait dans l’hyperpop féministe et effrayante. Un genre qui me plaît énormément et qui joue dans les codes de l’hypersexualité, de la pureté, de l’infantilisation et de l’horreur. La pop me parle plus ou moins, mais j’ai trouvé dans le maximalisme de l’hyper — toute — une attitude punk ésotérique carrément galvanisante.
Le Belladone arrive complice avec ses acolytes, tous vêtus de blanc. Iel nous livre son texte à la fois troublant et libérateur aux côtés d’une autre grande artiste, ici sa choriste et meilleure amie Fyore. Il n’y a rien d’expérimental là selon moi. Le Belladone est claire dans sa visée. Son chaos est formaté dans un message clair et efficace. Je me retrouve une seconde séduite par sa beauté, ensorcelée par son costume que le ventilateur fait joliment danser, puis répulsée par la violence des thèmes que j’avais soudainement oubliés en ce beau vendredi ensoleillé que j’ai passé, naïve, à manger du jerky de saumon de la boucanerie d’Henri et à boire une Voie maltée sur une licorne gonflable à la piscine de l’hôtel Le Parasol.
Je réalise que mon eudémonisme est fragile, mais ici, maintenant, avec Le Belladone, entourée de gens que j’aime, avec la foule qui me sourit dès que je croise leur regard dans un moshpit infiniment poli, je suis bien ! Magnifique prestation de Belladone la veille de sa percée hors de l’émergence que je lui souhaite. J’aurais voulu mieux entendre sa voix qui semblait étouffée par l’ensemble des arrangements. Iel bouffe un cœur que je me résous à imaginer être une très grosse betterave.
Photo : Simon Thibodeau






















