En retrait de la foule imposante qui s’acheminait vers le concert de Patrick Watson, les spectateurs qui avaient choisi le Pub Molson ont eu droit, tout au long de la soirée, à des moments de musiques latines variées et généreux.
Suivez-moi et vous allez comprendre que « toutte est dans toutte », comme disait le poète Raoul Duguay. À 19 heures, la trompettiste québécoise Rachel Therrien nous présentait son spectacle de jazz latin; au beau milieu, elle nous présente sa « grande amie »de Colombie, Anamaria Oramas. Les deux femmes s’embarquent dans un dialogue flûte et flugelhorn plutôt inspirant.
Une fois le spectacle terminé, je me dirige vers la rue Ste-Catherine, où Hilario Duran s’apprête à livrer une performance de piano solo, en plein milieu de la rue. Cubain d’origine, Duran habite à Toronto depuis deux décennies. Est-il le meilleur pianiste vivant au Canada en ce moment? La question mérite d’être posée. Une performance en solo magnifique, un moment de grâce, seulement gâté par la présence trop omniprésente d’un haut parleur qui diffusait une musique totalement différente, trop proche.
De retour au Pub Molson à 21 heures, c’était au tour de la flûtiste colombienne, Anamaria Oramas, d’entrer en scène. C’était sa première présence au FIJM, nous a-t-elle dit dans un français teinté d’espagnol, mais au bout de cinq minutes, elle avait gagné un public, quand même assez nombreux.
La flûtiste, qui joue de la flûte traversière mais aussi de la gaita typiquement colombienne et de la gauta, une sorte de mélange des deux instruments, nous a rapidement fait comprendre que sa musique était un jazz percussion qui englobe toutes les influences musicales colombiennes. Et ça fonctionnait très bien.
Flanquée d’un excellent trio, batterie, contrebasse et guitare électrique, Anamaria nous a livré une musique originale, vivante, qu’elle a présenté comme une forme de résistance et de liberté.
Son pays, la Colombie a remporté son match de soccer contre le Ghana, en même temps qu’elle jouait à Montréal. Par contre, il vient d’élire un émule de Donald Trump comme nouveau président.
Ce qui me pose toujours le dilemme de l’Amérique latine et du sud: comment la musique et la culture peuvent être si audacieuses alors que ces pays sont si accablés par les problèmes d’inégalités et de corruption?
Au beau milieu de son concert, la colombienne a invité son amie québécoise, Rachel Therrien, à venir performer avec elle. Rebelotte. Elle nous a appris que les deux femmes ont fait leurs études universitaires musicales ensemble, à Cuba, il y a 20 ans.
Il ne manquait que la présence de Hilario Duran sur scène pour compléter le tour du chapeau latino.
C’était une soirée qui a semblé combler les amateurs de musiques innovantes. Incluant celui qui vous livre ce texte.





















