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Rachel Therrien, trompettiste et bugliste québécoise est omniprésente au FIJM 2026. Voici la dernière partie de l’entrevue qu’elle a accordé à notre collaborateur Michel Labrecque.
PAN M 360: Après votre concert avec le super groupe féminin Ostara et votre participation à la série Compositeurs Jazz au cabaret l’Entracte, Vous allez présenter votre propre spectacle au FIJM, le 3 juillet.
Rachel Therrien: Oui, ce sera au Pub Molson (concert gratuit), à 19 et 21 heures, avec mon projet de jazz latin, où nous allons interpréter les morceaux de deux albums, Mi Hogar 1 et 2, avec des musiciens cubains et latinos de Montréal. Nous serons aussi au Théâtre de Verdure au parc Lafontaine, le 7 août, avec un plus grand groupe.
PAN M 360: Je rappelle que le premier volet est paru en 2023 et le second est sorti l’an dernier. SI on sort du Festival de jazz, vous avez aussi sorti deux albums de dialogues avec le pianiste catalan et new-yorkais Alberto Marquez.
Rachel Therrien: C’est un vieil ami qui a débarqué à New-York en même temps que moi. Nous avons décidé d’enregistrer huit séances sur une période de un an. Nous voulions prendre le temps d’expérimenter, comme à l’époque de Miles Davis au début des années 60.
PAN M 360: En sont ressortis deux disques très contrastés, un premier qui flirte avec le free jazz et un second qui reprend des standards plus classiques.
Rachel Therrien: Exactement, c’est la première fois que j’enregistrais des standards. Mais si vous écoutez, vous comprendrez que Alberto et moi nous permettons des libertés. Ces deux albums ont été très peu édités, nous avons mis nos tripes sur la table. Et je suis très contente du résultat.
PAN M 360: J’ai comme l’impression que vous travaillez déjà sur d’autres projets, connaissant votre curiosité insatiable…
Rachel Therrien: En fait, j’arrive de Tunisie, où j’ai lancé un projet avec le pianiste Omar El Ouarer et une jeune joueuse de oud qui s’appelle Rhaia. Nous avons enregistré un album en direct et travaillons sur une tournée. Nous mélangeons des compositions de Omar et des miennes. J’adore faire ce genre de recherches ethnomusicologiques, comme je l’avais fait en Colombie il y a quelques années.
PAN M 360: Vous avez habité pendant de nombreuses années à New-York, mais maintenant, ça a changé non ?
Rachel Therrien: J’ai un conjoint cubain, j’ai une grande connexion avec ce pays, où j’ai étudié à l’université. Cette connexion m’a forcée à mettre une pause sur New-York, en raison du contexte politique actuel aux États-Unis. Aujourd’hui, je suis entre La Havane et Montréal. Je mettrai une priorité sur le Canada, l’Europe et l’Amérique Latine. On verra plus tard…
PAN M 360: Comment vivez-vous la catastrophe économique et les grandes pénuries à Cuba?
Rachel Therrien: C’est hyper difficile et c’est d’une tristesse infinie. En même temps, les gens sont tellement résilients. Il y a toujours beaucoup de musique. J’ai démarré un groupe de cuivres avec des femmes cubaines. J’essaie de trouver de l’argent pour mes proches là-bas. Les gens tentent de survivre du mieux qu’ils peuvent. J’encourage les Québécois à les aider.
















