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Trois jeunes Français pleins d’énergie et de talent fouleront pour la première fois la scène du festival Chants de vielles, samedi soir, avec leur ensemble Otone dans le cadre des grands concerts. PAN M 360 a eu la chance de s’entretenir avec Charles Pouységur pour discuter d’Otone, composé aussi de Thomas Fradin et Naël Tripoli. Ce fut une occasion de discuter de leur inspiration, mais aussi de leur objectif avec le groupe, ainsi que de leur concert de samedi.
PAN M 360 : Bonjour, Charles, tu fais partie du groupe Otone, qui présentera un concert samedi au Festival Chants de vielles. Que signifie le nom et quelle est sa signification?
Charles Pouységur : Alors, l’idée derrière le nom Otone, c’est assez simple, c’est tout simplement parce qu’on a officialisé le groupe en automne. On trouvait quand même poétique comme nom de groupe le moment où les feuilles tombent, où les couleurs aussi changent. Ce lot de choses qui arrivent en automne, on trouvait que ça nous parlait, nous n’avons donc pas cherché plus loin.
En fait, on s’est dit qu’on aime bien. On est allé chercher une graphie du nom qui nous semblait facile, O-T-O-N-E. Et c’est comme ça que ça s’est fait en fait.
PAN M 360 : Quelles sont vos inspirations? Comment est-ce que tu décrirais votre musique?
Charles Pouységur : Notre musique, c’est un mélange de plusieurs territoires. C’est la musique de Gascogne, le sud-ouest de la France, et la musique du centre France. On est trois dans le groupe : deux viennent du centre de la France et l’un vient de Gascogne. Il y a un Auvergnat, un Gascon et un Bourbonnais, donc trois territoires différents.
C’est donc une musique assez métissée avec une certaine inspiration du centre de la France par la vielle à roue. Thomas, qui joue la vielle à roue dans le groupe, a une patte très bourbonnaise dans le style. On pensera notamment, par exemple à Patrick Bouffard, qui est un vielleux bourbonnais qui a marqué par sa musique une certaine génération, notamment le jeu de Thomas.
Pour ce qui est de Naël, ce sont vraiment les cornemuses landaises. On peut penser au groupe Perlinpinpin Fòlc, Alain Cadellon de Gascogne, qui est un grand joueur de Landaises comme on dit.
Et pour moi, l’inspiration, ce sera plus du côté des groupes brayauds dans la basse Auvergne. Le mélange de tous ces styles donne une musique assez énergique. Donc où se mélangent quand même les timbres et les différentes inspirations que nous avons chacun, mais notre proximité en tant qu’amis contribue énormément à créer cette énergie entre nous.
PAN M 360 : Si je ne me trompe pas, c’est aussi votre première visite au Québec en tant que groupe?
Charles Pouységur : Tout à fait, c’est notre première sortie outre-Atlantique avec le projet. On est très content de le faire à Chants de vielles, c’est une super invitation. L’année prochaine on va en Allemagne, donc c’est plus proche déjà de la France, mais, pour un voyage comme ça, on est très content, on est très bien accueillis par toute l’équipe.
Et puis c’est quelque chose qui nous parle, la musique québécoise : on la connaît en tout cas sur le territoire français, c’est quelque chose qui n’est pas forcément très répandu, mais, à chaque fois qu’il y en a, on est assez attentifs à ça, parce qu’on l’aime beaucoup, et ça nous parle. Donc, on était très heureux de venir à Chants de vielle à Saint-Antoine sur Richelieu.
PAN M 360 : En plus d’un concert samedi soir, vous présentez aussi deux ateliers sur les instruments à ventre et les instruments à bourdon. Quelle est l’importance, dans votre pratique, de partager ces savoirs-là et de participer à des ateliers, au-delà de la présentation d’un concert?
Charles Pouységur : C’est un peu intrinsèque à la musique traditionnelle, c’est la transmission orale. C’est-à-dire que c’est une musique de partage, une musique vivante et qui, de toute façon, existe parce qu’elle se transmet et donc se partage.
Ce sont aussi des moments de rencontres très humains parce qu’on rencontre des artistes locaux, particulièrement ici au Québec, mais aussi d’autres invités sûrement. On pourra échanger sur nos pratiques et observer comment, malgré des instruments de la même famille, ces musiques cousines se ressemblent et diffèrent. Je pense que c’est ça qui va guider les démonstrations qu’on va faire pendant ces ateliers.
On fait aussi les stages. Naël fait celui de la cornemuse, Thomas, celui de la roue, et moi, celui de l’accordéon. Pareil, on a cette envie de partager la musique de chez nous. Mais c’est ça, je pense, qui nous anime surtout, c’est la transmission de ces musiques qui sont vivantes.
PAN M 360 : Dernière question, à quoi les gens qui viennent à un concert d’Otone peuvent-ils s’attendre?
Charles Pouységur : Ils peuvent s’attendre à de la musique de France déjà, forcément, en tant que groupes français. Mais ils peuvent s’attendre surtout, je pense, à de la musique assez cadencée, dans l’énergie brute, mais aussi subtile, je dirais. C’est quand même un groupe qui est un peu dans la puissance par moments, tout en restant très nuancé.
Je pense que c’est aussi la simplicité dans le sens du partage, comme si on était tous autour, dans une salle de bal, dans un petit village. Ça marcherait tout autant que sur la scène du Festival Chant de vielles. Je pense qu’il y a ce côté, ce serait peut-être un peu prétentieux de ma part de dire qu’on est dans l’humilité la plus totale.
PAN M 360 : Merci pour votre temps et bonne fin de semaine de festivité!


















