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Le chanteur et compositeur Fernando Gallego Torres est arrivé à Montréal en 2016. Il a rapidement formé l’ensemble Azara, en compagnie du pianiste Gabriel Evangelista. Se sont ajoutés ensuite Henry Craft (guitare), Diego Parrot (Basse) et Hanser Santos (Percussion). Fernando amène avec lui toute la tradition du flamenco classique, qu’il maîtrise depuis sa jeunesse en Espagne. À Montréal avec Azara, il prend plaisir à fusionner cet héritage avec d’autres couleurs musicales comme le jazz, la cumbia, le boléro, la rumba flamenca et bien d’autres encore.
La construction avant le flamenco
L’arrivée de Fernando au Canada s’est faite en 2009 à Toronto. Pas pour chanter, mais plus prosaiquement pour travailler dans le domaine de la construction. Cela dit, il a commencé à s’offrir en spectacle sur scène et a été amené éventuellement à venir chanter à Montréal. Il a déménagé ses pénates dans la ville en 2016, où il œuvre toujours en musique, et même plus que jamais. Même s’il continue de travailler en construction, ‘’pour garder les pieds sur terre’’ dit-il, ses horaires de spectacles sont réguliers et s’apprêtent à probablement se multiplier grâce à la prestation qu’il donnera au Festival international Nuits d’Afrique, le 16 juillet 2026 à 15h30, sur la scène Loto-Québec de l’Esplanade Tranquille.
Il avait neuf ans quand il a donné son premier concert à San Fernando, dans la région de Cadix (c’est dans la sud de l’Espagne, près du détroit de Gibraltar). Il a toujours pratiqué son art par la suite, mais réussir à en vivre tenait plus du rêve que de la réalité lors de son arrivée à Toronto. Le projet est désormais moins fou, et s’est enrichi de nouveaux habits. Car si la pratique de Fernando est enracinée dans le classicisme flamenca (dont il maîtrise les codes et l’énergie, la posture, la voix, etc. en plus d’avoir comme référence les génies classiques du genre, comme Camaron de la Isla, El Chocolate, Enrique Morente), sa recherche créative est imprégnée d’une soif de découverte et de fusion.
‘’J’écoute beaucoup de choses, pas seulement du flamenco. Avec Azara, j’aime ajouter à cette base le jazz, les rythmes latinos, la rumba flamenca, et d’autres encore. En formant le groupe en 2017, avec Gabriel Evangelista, je souhaitais avant tout faire quelques chose de différent.’’
Les Sylis d’or à pied levé
J’ai été moi-même témoin du résultat quand j’ai officié à titre de membre du jury aux Sylis d’or 2026 tenus le printemps dernier. Azara était le premier groupe que j’ai entendu lors des demi-finales. Une prestation énergique et impressionnante, que je notais alors comme un vent de fraîcheur pour la scène musicale montréalaise. Il n’y a en effet que très peu (ou pas du tout) d’artistes flamenco pur jus, trempés dans la tradition classique du genre, dans notre métropole. Et, qui plus est, quelqu’un qui sait et souhaite faire dialoguer ce richissime patrimoine avec d’autres musiques. Bref, j’avais beaucoup aimé le spectacle de Azara. D’autant plus que l’ensemble avait su à la dernière minute (en fait la journée même) qu’il pouvait participer aux demi-finales!
‘’On a eu zéro temps pour répéter’’, ce qui rendait la qualité du résultat observé encore plus impressionnante. Finalement, le jeu en a valu la chandelle : Azara a attiré l’attention, assez pour se mériter une place dans la programmation gratuite du Festival, ce qui attirera encore l’attention. Tant mieux.
Un rêve simple et accessible
Sur scène, Fernando reprend quelques classiques du genre, bien sûr, mais ce sont surtout des compositions originales qui meublent ses concerts. Puisque Azara fait plutôt dans la fusion, on comprend bien pourquoi. Et qui s’occupe de toutes l’écriture? ‘’Je suis celui qui écrit les textes, et qui trace les mélodies. Gabriel s’occupe des arrangements. Et ensuite, on travaille le tout de façon collective avec, bien entendu, une bonne dose d’improvisation.’’
Un résultat, je l’ai dit, impressionnant de qualité et de force expressive. À expérimenter, donc, le 16 juillet à 15h30.
En terminant, je demande au principal intéressé ce dont il rêve pour son groupe? ‘’Enregistrer un premier album, avec nos compositions originales’’. Un projet tout simple, éminemment accessible, à l’image d’un artiste à la fois engagé et passionné, mais bien groundé dans la réalité.
Merci à Rosanne Dion, femme de Fernando Gallego Torres, pour la facilitation de cette entrevue. Mme Dion est également directrice de la compagnie Flamenco Rosanne Dion.























