Si vous parcourez le circuit des petits bars montréalais avec musique live (Balattou, Quai des Brumes, Petit Campus, L’Esco, Casa del Popolo, Turbo Haus, et j’en passe), il y a de fortes chances que vous ayez vu passer l’ensemble Kallisto. Le quintette klezmer-rock-psycho-anatolien mené par Jossée MacInnis à la clarinette joue sur à peu près toutes les scènes dispos. Surtout, il célèbre Montréal dans toute sa plénitude chamoirée, son incandescence énergétique et son éclatement culturel, tout cela ancré par un lien commun de judéité cosmopolite.
Evil Eye s’amorce sur une doina au violoncelle. La doina est une forme musicale héritée de Roumanie et mêlant des influences turques. L’atmosphère plutôt recueillie laisse subitement place à une explosion d’énergie virulente, probablement pour symboliser le relâchement du concept de ayin hara dans la culture juive. Ayin hara (le Mauvais Oeil, Evil Eye) survient lorsqu’on fixe un objet ou une personne avec trop d’intention ou d’envie. Le mauvais oeil endommage alors le sujet du regard trop appuyé. Bref, quelque chose d’assez puissant s’extirpe violemment et emporte ainsi tout sur son passage.
Côte-des-Neiges rend hommage au quartier le plus cosmopolite de Montréal en lançant la fête avec le son du métro qui part de la station éponyme. La mélodie thématique est accrocheuse et rassembleuse.
Khosidl, fait un clin d’œil au quartier du Mile-End dans un groove funky et musclé avant la seule reprise de l’album, Chameleon, qu’on avait entendue sur le Live à Montréal sorti en 2025. Un titre qui transcrit explicitement l’âme de cette métropole qu’on aime car à travers ses infinies facettes, ses millions de couleurs expressives et identitaires, elle a une place pour chacun.e d’entre nous.
Yalla rend compte d’une certaine excitation du downtown, alors que Ice Age Princess salue l’hiver montrélais, dans toute sa rigueur et son caractère souvent bordélique.
Les cinq artistes du band, un quintette solidement soudé, font brasser la baraque sonore avec beaucoup d’efficacité. Leur conviction dans l’authenticité de ce klezmer modernisé et métamorphosé suscite l’adhésion, qu’on soit juif ou non bien entendu. Et c’est ça qui est tellement réjouissant.
Kallisto sera en concert au Quai des brumes le 8 juillet – INFOS
Jossée MacInnis – clarinette, compositrice
Jefferson Perez – violocelle
Antoine Bensoussan – guitare
Patrick LeBrun – guitare basse
Edward Scrimger – batterie





















