A Cappella / classic rock / classique occidental

ArtChoral chante les Beatles: la pop classique dont on avait besoin

par Alexandre Villemaire

La « Beatlemania » a pénétré l’enceinte de la Maison symphonique avec l’Ensemble ArtChoral le dimanche 17 mai dernier en après-midi. Amateurs des Fab Four, habitués des concerts d’ArtChoral (ou un mélange des deux) s’étaient rassemblés en grand nombre pour venir entendre, à la sauce classique, les grands succès du groupe pop/rock emblématique des années 1960.

Dirigé par Matthias Maute et accompagné seulement d’un petit set de percussions (essentiellement une batterie et cloche) sous la responsabilité de Philip Hornsey avec Antoine Joubert au piano pour donner par moment un soutien harmonique et un élan rythmique, les chanteurs et chanteuses d’ArtChoral ont fait défiler les tubes des Beatles. De Yellow Submarine, qui a ouvert le concert, à Can’t Buy Me Love en passant par Penny Lane, Eleanor Rigby, In My Life, Yesterday, pour ne nommer que celles-ciles chanteurs d’ArtChoral avec leur voix pure et solide ont donné un rendu de « leur » interprétation des classiques des BeatlesOn aurait tort de rejeter du revers de la main toute proposition de concert qui met de l’avant le répertoire des Beatles sous prétexte que cette musique n’est pas suffisamment complexe, répétitive et pas assez classique pour être traitée par des ensembles du calibre de l’ensemble.

La performance des pièces Michelle et Because en est le meilleur exemple. Interpréter avec seulement les voix, permet de rendre compte et de constater la richesse des harmonies et la complexité des accords et des timbres qui façonnent ces pièces. L’interprétation de Michelle était aérienne et Because a instauré une aura mystique dans la salle avec ses accords lumineux et ses passages chromatiques qui viennent altérer la couleur de la pièce de manière constante. John Lennon disait qu’il a composé cette pièce après avoir entendu Yoko Ono jouer la célèbre « Sonate au clair de lune » de Beethoven et, frappé par cette mélodie, il lui aurait demandé de jouer la progression d’accords de reculons. Tout comme dans l’écriture de cette célèbre page de Beethoven, le langage est précis, épuré et envoûtant. Comme quoi encore une fois on peut démontrer que la frontière entre la musique classique et la musique dite populaire n’est pas si poreuse. Un autre exemple de cette parentalité se trouve dans la pièce Black Bird, qui a eu droit, tout comme I Saw Her Standing There, à un traitement de solo pianistique offert par Antoine Joubert. La mélodie simple de Black Bird, elle-même également inspirée par une pièce du répertoire classique, soit la Bourrée en mi mineur de Jean-Sébastien Bach, a donné à Joubert un superbe matériau de travail pour livrer une interprétation aux contours musicaux variés avec une grande virtuosité qui mettait à l’honneur les possibilités interprétatives de cette pièce.

Un concert d’ArtChoral n’en serait pas un sans au moins une participation du Grand chœur, cette chorale ad hoc formée de choristes de divers horizons. Ils se sont joints aux chanteurs d’ArtChoral pour des interprétations senties de Let It Be et All You Need Is Love. En conclusion de concert, tous ont entonné Hey Jude, alors que le public a été invité à se joindre aux musiciens pendant que la Maison symphonique s’est retrouvée baignée d’un « show de lumière » apparenté aux grandes performances de concerts rock.

Les choix assumés de Matthias Maute dans ce concert montrent bien que le répertoire de Paul McCartney, John Lennon, Ringo Starr et Georges Harrisson transcende les barrières du genre et ces deux univers ne sont finalement pas si éloignés l’un de l’autre. Était-ce un concert d’une virtuosité extrême ? Non. Mais, ce n’était pas non plus un concert terne où on présente des Beatles « classique » pour présenter du Beatles classique sans âme. Tous, du chef aux chanteurs en passant par les choristes, étaient habités par un plaisir de chanter ce répertoire, sans prétention, et de le livrer à un public tout aussi enjoué qui a bien rendu la pareille aux musiciens. Par les temps qui courent, l’amour de la musique et la passion de la transmettre, c’est bien une des seules choses dont nous avons besoin.

Crédit photo: Tam Lan Truong.

Tout le contenu 360

Elinor Frey ; Accademia de’ dissonanti – CPE Bach : Cello Concertos

Elinor Frey ; Accademia de’ dissonanti – CPE Bach : Cello Concertos

Les quatre saisons du Québec : Entretien avec François Dompierre

Les quatre saisons du Québec : Entretien avec François Dompierre

GA, la Série de shows | Tempête solaire… ça chauffe !

GA, la Série de shows | Tempête solaire… ça chauffe !

Towo – Vision

Towo – Vision

Francisca Valenzuela – Maldita

Francisca Valenzuela – Maldita

GA, la Série de shows | Nüshu à la Sala Rossa, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Nüshu à la Sala Rossa, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Calamine au Ministère, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Calamine au Ministère, vers le GAMIQ

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

Rentrée des ensembles Caprice et ArtChoral: La Flûte enchantée à la Maison symphonique

Rentrée des ensembles Caprice et ArtChoral: La Flûte enchantée à la Maison symphonique

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

Colin Stetson : réinventer les paysages trad avec Brìghde Chaimbeul

Colin Stetson : réinventer les paysages trad avec Brìghde Chaimbeul

Brìghde Chaimbeul et Colin Stetson – All the light in the world

Brìghde Chaimbeul et Colin Stetson – All the light in the world

Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

Fête de la musique 2026 | Le lyrisme versatile de Cicchillitti et Cowan

Fête de la musique 2026 | Le lyrisme versatile de Cicchillitti et Cowan

Fête de la musique 2026 | Pierre Lapointe charme les cœurs abîmés

Fête de la musique 2026 | Pierre Lapointe charme les cœurs abîmés

GA, la Série de shows | Dogo Suicide à L’Esco… vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Dogo Suicide à L’Esco… vers le GAMIQ

FME 2026 I Party à l’éther avec Worry

FME 2026 I Party à l’éther avec Worry

FME 2026 I The Sadies et le cheval qu’ils nous ont fait monter

FME 2026 I The Sadies et le cheval qu’ils nous ont fait monter

FME 2026 I Moiré, c’est du « slowcore » pour les esprits fatigués

FME 2026 I Moiré, c’est du « slowcore » pour les esprits fatigués

Fête de la musique | Lumineux Moneka Arabic Jazz

Fête de la musique | Lumineux Moneka Arabic Jazz

GA, la série de shows | Vers le GAMIQ, Smoke Spell ouvre le bal

GA, la série de shows | Vers le GAMIQ, Smoke Spell ouvre le bal

Fête de la musique | Le saxophone en voyage avec le Duo Aster

Fête de la musique | Le saxophone en voyage avec le Duo Aster

Fête de la musique 2026 | Timothy Chooi et son violon envoûtent Tremblant

Fête de la musique 2026 | Timothy Chooi et son violon envoûtent Tremblant

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné