À Palomosa samedi, Cannelle donnait l’impression d’être déjà une pop star avant même que quiconque ne connaisse vraiment sa musique. Ce qui frappe d’emblée, c’est son aura : une certaine présence, une attitude, une façon de s’imposer sur scène avec une énergie hors du commun. Il y a chez elle quelque chose de très « icône de la mode avant tout », une présence qui évoque à la fois les icônes de la pop européenne et l’esthétique Internet de l’ère Tumblr. Le public réagit immédiatement à cette énergie ; un effet presque « Boiler Room » s’empare de la salle grâce à la proximité intime avec la chanteuse.
Originaire d’un petit village entre Marseille et Aix-en-Provence, désormais installée à New York, Cannelle porte toujours en elle les références culturelles du sud de la France. Marseille apparaît comme un repère important : une ville associée aux scènes alternatives, aux espaces marginaux et à une certaine culture DIY qui nourrit encore plusieurs communautés artistiques européennes. Dans son interview avec WIRES00, elle évoque les free parties, les espaces de danse improvisés et la culture rave comme des espaces de liberté collective. Cette vision trouve un écho particulier dans le contexte actuel de Montréal, où de nombreux lieux alternatifs ferment ou deviennent de plus en plus précaires, comme la Parquette ou l’Espace Durocher. Derrière l’esthétique pop très contrôlée se cache également un engagement envers des formes de rassemblement plus underground.
Son travail s’appuie également sur son implication profonde dans la direction artistique de ses projets. Les visuels, les tenues vestimentaires, les références à Internet et les inspirations cinématographiques semblent faire partie intégrante de sa musique plutôt que de simplement l’accompagner. On retrouve des traces de Michel Ocelot dans son univers, notamment à travers l’imaginaire magique et hybride des princes et princesses, mais aussi l’influence de figures comme Madonna dans la manière dont elle utilise la féminité comme performance, transformation et pouvoir de l’image. Cannelle construit ainsi un style pop où musique, mode et mise en scène deviennent indissociables, créant un personnage qui semble tout droit sorti d’Internet.
Cette cohérence entre l’image, la musique et la performance rend particulièrement impatient de voir jusqu’où cet univers pourrait être poussé dans un contexte plus immersif. Dans un espace alternatif ou une scénographie plus élaborée, l’esthétique de Cannelle pourrait prendre une dimension encore plus forte, quelque part entre le concert, la performance et l’installation visuelle.










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