Le synopsis de The Drummer of Tedworth a de quoi faire paraître Alice au Pays des Merveilles conformiste et même impressionner Eugène Ionesco. Un personnage, Olis, en quête du pnoom (aucune idée de ce que c’est, et c’est un peu ça l’idée). Dans un voyage délirant, il rencontrera des protagonistes qu’on aurait pu rencontrer dans les aventures du Baron Munchausen, un gardien nommé Skardnik, une Logeuse Ivrogne, une bande de nains facétieux, les Krasnoludki, une réfugiée extra-terrestre, un avatar du Saint-Esprit, la Sainte Chèvre, et Benjamin Franklin! Il y a d’autres hurluberlus, mais en faire la liste serait trop fastidieux.
Rendu ici, j’en ai probablement déjà perdu plusieurs. Mais si vous êtes encore là, c’est que vous avez une curiosité féline et insatiable. Vous serez peut-être satisfaits de savoir que cette improbable construction s’appuie tout de même sur une idée simple : Olis, qui n’aime pas la vie car ‘’elle le fait vieillir’’, finit par embrasser l’existence et toute l’excitation de ses nombreuses surprises.
La musique de Sean Noonan, qui implique un grand orchestre (l’Orchestre symphonique de Londres) et une substantielle partition pour batterie est à l’avenant du scénario éclaté : autant musique contemporaine que free jazz, Broadway ou parfois pop instru, les sonorités conçues par Noonan tournent et virevoltent comme des éclats lumineux dans un kaléidoscope. La plume de Noonan est redoutablement détaillée, tant dans ses passages atonaux, poly harmoniques et polyrythmiques, et rendue avec une impressionnante précision par Jack Sheen à la direction.
Ne laissez pas le terme ‘’contemporaine’’ vous tromper sur la nature et le caractère de la musique entendue : Noonan évite l’académisme d’une dissonance conceptuelle pour embrasser un expressionnisme éclaté et bourré d’humour. La narration (par Noonan lui-même) est pleine d’énergie et d’humour. C’est là que l’expérience réussit à convaincre, même si certains auront peut-être l’impression d’écouter du ‘’mickey-mousing’’ shooté au LSD.
On doit reconnaître la vigoureuse volonté du compositeur d’aller jusqu’au bout de sa voix créative, au risque du ridicule, mais avec la conviction de ceux qui finissent, contre toute attente, par convaincre les sceptiques.























