L’autrice-compositrice-interprète française Melody Prochet revient avec un quatrième album (cinquième si on inclut Unfold) empreint d’une vision nouvelle et lumineuse. Tout en restant fidèle à son univers atmosphérique, psychédélique, éthéré, Unclouded condense avec une vision laser ses multiples impulsions musicales, aménageant un espace rafraîchissant où les mélodies peuvent se déposer.
N’ayant jamais de mal à réunir une équipe talentueuse, l’artiste s’est entourée cette fois de Sven Wunder à la co-production et co-écriture, de Josefin Runsteen aux cordes avant-gardistes et de Daniel Ögen,Love Orsan et Malcolm Catto comme maîtres du groove (soit basse, guitare et percussions). Voilà une palette sonore riche en textures, unique. Oscillant entre les influences cultes du genre et une certaine teinte des années 90 (AIR), de Saint Etienne ou même de Bonobo, l’opus dégage un sentiment général d’apaisement et de lucidité qui rend bien hommage à la citation d’Hayao Miyazaki de laquelle le titre est extrait : « You must see with eyes unclouded by hate. »
The House That Doesn’t Existoffre un départ net avec sa teinte folk, plaçant tout de suite les voix aériennes et les percussions penchant vers le trip-hop qui nous accompagneront vers In The Starset tout au long du voyage. Flowers Turn Into Gold, ritournelle distorsionnée, mène à Eyes Closedqui nous entraîne en territoire plus psychédélique. Childhood Dreamsuit, avec son atmosphère flottante et ses légatos angéliques qui culminent en une explosion de cordes, pour réduire le tempo sur Memory’s Underground, gentille pièce beatlesque.
Broken Roses porte bien son nom avec les magnifiques éclosions de cordes mettant en lumière le travail de Josefin. Burning Manm’a rappelée une Klô Pelgag qui serait dans un jardin asiatique (je l’ai beaucoup aimée) alors que Into Shadows est la seule pièce qui nous sort, de par son rythme et ses guitares plus accentués, un peu de la rêverie contemplative dans laquelle on se trouve.
How to Leav Misery Behind est probablement la chanson qui incarne le mieux les thématiques d’acceptation optimistes et karmiques qui sont au cœur de l’écriture « Life made me realize/ How to leave miseries behind ». La chanson thème de l’album est celle dont le mélange des genres est selon moi le plus recherché, allant de Bonobo à Tame Impala sur fond de harpe ventée (harpe éolienne?). Enfin, Daisynous laisse une dernière touche d’optimisme en nous offrant une collaboration ensoleillée avec El Michels Affairqui résume bien l’écoute.
Un album plus léger, qui respire mieux et qui malgré des percussions un peu répétitives nous garde accroché par sa production cinématique et ses arrangements riches, rendant l’éclat vintage de Melody encore plus rêveur. Ayant à sa base les jolies progressions et arpèges ayant fait sa signature, celle qui s’en disait désintéressée y a pourtant trouvé une assurance nouvelle et un raffinement qui élève son style (Comme quoi on peut se faire briser le cœur et les os et en créer une œuvre puissante.)
Ce n’est pas un album de singles, mais ce n’est pas grave puisque c’en est un de métamorphose.
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