Le vendred 5 décembre, le quatuor Molinari présentait le programme Rythmes canadiens, mettant de l’avant les compositions de trois compositeurs en communion avec le rythme.
Le concert a débuté avec la pièce Dark Energy de Kelly-Marie Murphy, une œuvre traitant du cosmos et de l’expansion continue de l’univers jusqu’à son éventuelle implosion. Cette description illustre parfaitement la pièce qui se déroule en grand crescendo en débutant avec une sublime mélodie que les membres du quatuor s’échangent continuellement sur un mélange de trémolos et de notes tenues, exécutées dans la douceur par les autres membres du quatuor. Il ne faut cependant pas se faire prendre au jeu, car tout comme l’univers prenant de l’expansion, le quatuor s’enflamme enchaînant les traits virtuoses joués avec passion.
La deuxième pièce, unique création du concert, nous vient du compositeur Blair Thomson, qui présente pour l’occasion de ce concert son tout premier quatuor à cordes. Basée sur une succession de miniatures, cette création du Molinari enchaîne une série de courts morceaux exploitant les nombreuses possibilités qu’un quatuor à cordes possède. C’est donc avec une grande virtuosité que le quatuor Molinari s’est lancé dans l’exercice, réussi avec brio.
Le concert s’est terminé avec le quatuor à cordes no 4 de R. Murray Schafer, que le Molinari affectionne particulièrement. Après avoir joué ce même quatuor à cordes à leur tout premier concert en 1997, l’ensemble nous interprète cette œuvre magnifique au cœur de sa 29e saison.
La particularité de cette pièce est la spatialisation du son: alors que la pièce débute, la violoniste Olga Ranzenhofer se trouve à l’arrière-scène, et ce, en constant dialogue avec le quatuor. Au long de la première partie de la pièce, la violoniste sort de l’arrière-scène et s’approche tranquillement de ses collègues, un moment dramatique exécuté avec une grande expressivité. Après une deuxième section plus traditionnelle que le quatuor a joué impeccablement, la pièce se termine en douceur avec une voix lointaine venant de l’arrière-scène, un moment de pure mélancolie.























