Ce mercredi l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) présentait à la maison symphonique, la Symphonie « Pathétique » de Tchaïkovski, dirigé pour l’occasion par la cheffe allemande Anja Bihlmaier, qui en était à sa première performance avec l’OSM.
C’est avec l’énergique Ballade en la mineur de Samuel Coleridge-Taylor que le concert fut lancé. Dès les premières minutes de cette pièce très rythmée et expressive, on peut constater que la cheffe n’a aucune intention de pousser l’orchestre aux extrêmes de son niveau sonore en cette première partie de concert. Celle-ci mise plutôt sur une précision de l’articulation et un approfondissement des nuances entre le piano et le mezzo-forte.
La soirée s’est poursuivie avec un invité de marque, soit le violoncelliste franco-allemand Nicolas Altstaedt, qui était présent pour interpréter le Concerto en mi mineur du compositeur anglais Edward Elgar. Sa performance fut certes d’une grande qualité et ses échanges avec l’orchestre étaient de toute beauté, particulièrement lors des sections plus douces du concerto. Bihlmaier continue pour sa part avec une approche dans la douceur, nous donnant un dialogue pianissimo entre le soliste et l’orchestre absolument sublime.
Pour cette deuxième partie de concert, les spectateurs ont eu le droit à une représentation tout simplement magnifique de la Symphonie « Pathétique » de Tchaïkovski. L’orchestration incroyable de la pièce permet à l’auditeur de savourer chaque section de l’orchestre en commençant par les bois, plus particulièrement le basson, qui, avec une précision impeccable, énonce le premier thème presque en solo soutenu par un tapis de corde. Les cuivres, quant à eux, auront tout le plaisir du monde durant les moments plus sonores de la pièce. Si certains ont douté de la capacité de la cheffe à faire ressortir ces moments plus grandiose après une première partie où l’on pouvait sentir qu’elle se contenait, ils ont vite été rassurés. Effectivement, la cheffe allemande a su exploiter les nuances de la pièce avec brio, tout en gardant la légèreté mise de l’avant dans la première partie du concert.
Une chose est sûre, les applaudissements inattendus du public à la fin du 3e mouvement qui auront certainement dérangé les plus habitués à la Maison symphonique, ainsi que la pluie d’applaudissement quelques minutes plus tard à la fin de la pièce témoigne d’une première présence réussie pour Anja Bihlmaier à la barre de l’OSM.























