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Le Quai devient «club» au son de Bibi Club

par Simon Gervais

Énergique et envoûtant, Bibi Club nous a captivés le 6 novembre, nous plongeant dans un univers unique où la douceur d’une âme naturaliste se mêle à la puissance vibrante de l’électro-rock.

J’avais déjà vu le duo Adèle Trottier-Rivard et Nicolas Basque en 2023, lors du Taverne Tour, au Quai des Brumes. Ce lieu mythique de la musique québécoise fête ses 40 ans, nous rappelle la programmatrice Noémie Laniel en ouverture du spectacle. Cette fois, je suis habité d’une curiosité nourrie par leur plus récente chanson, Amaro, une pièce beaucoup plus dance et méchante que tout ce qu’ils ont produit jusqu’à ce jour. Une piste qui, je l’espère, laisse présager une nouvelle direction pour Bibi Club.

Souffle new wave

Dès les premières chansons, on perçoit ce glissement : un matériel un peu plus sombre, davantage de distorsion, et une touche qui puise dans le new wave et le downtempo. Les textes conservent cette poésie naturelle et élémentaire propre à Bibi Club, empreinte d’amour et d’entraide. Les ambiances, quant à elles, semblent plus dramatiques qu’auparavant, avec des tonalités mystérieuses et des coups de guitare cinématographiques faisant penser à Ennio Morricone. En entendant des pièces plus vieilles comme Le feu, je réalise que ça a toujours été là, ce souffle new wave — simplement, ce soir, il semble moins diaphane et plus frontal, encore plus assumé.

À certains moments, on est frappés par un véritable mur de son : drum machine très appuyée, sonorités synth texturées, couches de voix superposées et solos de guitare endiablés. Basque lève régulièrement sa guitare au-dessus de sa tête, comme une rock star. La chimie entre les deux artistes s’impose avec une aisance naturelle et instinctive, formant une unité presque indissociable — à l’image de Janus — lorsqu’ils se tiennent côte à côte.

Sous les lasers multicolores, la salle oscille parfois doucement, parfois hochant la tête vigoureusement sous la cadence hypnotique du beat.

Puis arrive Amaro

Point fort du show. Les planches du Quai s’embrasent sous un éclairage écarlate. Les tons mystiques annoncent une montée crispante. Le caractère oppressif du morceau rappelle presque le phonk, ce sous-genre electro à l’aplomb insolent issu de la culture web. C’est pour Bibi Club la découverte d’un nouvel horizon dansant, et la foule emboîte le pas.

L’avant-dernière chanson évoque un peu War On Drugs, avant de revenir sur une finale très new wave, très rock. Après le concert, Adèle m’avoue que Amaro était au départ une expérimentation, presque une joke. Ils ont créé ce beat pour le plaisir, ont aimé ce que ça donnait, et maintenant c’est la chanson titre de leur prochain album qui paraîtra en février prochain. Comme quoi parfois, une création ludique et décomplexée peut mener à de véritables pépites d’or. J’aimerais sincèrement qu’ Amaro devienne leur point cardinal pour la suite — histoire de mettre encore plus de « club » dans Bibi Club.

🔗 Lisez aussi notre compte rendu de Bibi Club au FME !

Photos: Marie-Michèle Bouchard | Luna Choquette Loranger

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