Pour un premier album à son nom, c’est du solide! Homesteaders est la création de Dave Mossing, trompettiste montréalais originaire de la Saskatchewan. En onze plages mélodiquement et techniquement bien tournées, il rend hommage à ses ancêtres, des immigrants européens mélangeant des racines scandinaves et irlandaises, qui ont commencé par trimer très dur pour se faire une place respectable dans la société canadienne.
Une bonne partie de l’album est occupée par la suite Homesteaders en sept mouvements, qui évoquent tels des fantômes des lieux emblématiques habités par les générations Mossing, la ferme familiale, l’église luthérienne de la région et le cimetière. Je parle de fantômes car tant la ferme que l’église sont désormais des ruines et le cimetière est abandonné. Une histoire qui s’étiole dans l’air du temps qui passe. C’est dans un voyage de ‘’retour aux sources’’ avec sa femme que Mossing a eu l’intuition de cette musique.
Vous penserez spontanément que le ton est mélancolique, voire tristounet. Ce n’est pas du tout le cas. On dirait que Mossing évoque l’énergie, le bonheur, la vastitude du ciel et la générosité du soleil qui habitent ses souvenirs. Résultat : des pièces élaborées mais attrayantes, empreintes d’optimisme et de beauté, sans aucun apitoiement. Les mélodies sont amples et souriantes, les harmonies ouvertes et aérées.
Mossing conclut le programme avec quelques autres pièces également liées à ce voyage émotionnel, comme Day Trip, ou Grace, coup de chapeau à une grand-mère aimée.
Mossing s’est entouré d’interprètes exceptionnels qui donnent réellement vie au périple intérieur du trompettiste : Jean-Michel Pilc au piano, Ira Coleman à la contrebasse, Jim Doxas à la batterie. Là, on est dans l’élite du jazz montréalais.
Homesteaders est un album d’inspiration très personnelle qui sait charmer n’importe quelles oreilles amoureuses de belle et bonne musique.























