Dans le cadre du CAM en tournée, le quatuor de saxophones Quasar a présenté mercredi son programme intitulé Cinq pièces liquides, hommage à Claude Vivier. Ce concert, qui n’en est pas à sa première représentation, est issu des événements organisés en 2023 soulignant les 40 ans de la disparition tragique du grand compositeur québécois Claude Vivier.
Si ce concert hommage ne présente qu’une seule œuvre du compositeur, c’est pour mettre en lumière les mentors de Vivier, tels que ses deux professeurs, Paul Méfano et Gilles Tremblay, ainsi que ceux qui ont été inspirés par Vivier, comme Florence M. Tremblay, Émilie Girard-Charest et Yassen Vodenitcharov.
Le concert commence donc avec Pulau Dewata, une pièce à instrumentation variable composée en 1977 par Claude Vivier. En balinais, Pulau Dewata signifie « ile des dieux », un hommage que rend Vivier à son voyage à Bali où il s’est familiarisé avec le gamelan, une grande source d’inspiration pour le compositeur. Mêlant homorythmie et sonorité très proche du gamelan, Pulau Dewata étant sans aucun doute la pièce idéale pour débuter ce concert. Quasar a su délivrer une performance très respectable de cette pièce phare de leur répertoire.
Le concert s’enchaîne avec Mouvement Calme de Paul Méfano qui malgré son écriture soignée alliant des passages rythmés de « slap-tongue » et des moments lyriques se déroulant tous les deux dans la douceur, la pièce se perd malheureusement au sein de l’éclectisme du concert.
C’est ensuite au tour de Gilles Tremblay, qui, en 2009 pour commémorer le 25e anniversaire du décès de Vivier, avait composé pour Quasar la pièce Levées. Cette pièce illustre très bien l’une des forces de Quasar, soit le dialogue entre les différents membres du quatuor. La pièce elle-même est énormément construite autour de questions-réponses et de dialogue possible entre les instrumentistes. Cela atteint son apogée lors d’une série de petites interventions faisant appel au jeu d’acteur des musiciens de Quasar qui ont su amuser le public.
C’est ensuite dans l’univers de Florence M. Tremblay que l’on se retrouve avec Vapeurs taillées, une pièce envoûtante qui met de l’avant les sons multiples du saxophone. Mais la grande surprise de la soirée fut Bestiaire d’Émilie Girard-Charest, une pièce complètement ludique mêlant une panoplie de technique étendue comme jouer seulement du bec ou du bocal, mais le plus surprenant fut cette finale avec un solo d’anche de Baryton. Bref, une pièce qui a su faire rire la foule comme j’ai rarement vu en musique nouvelles!Le concert s’est conclu sur la pièce homonyme du concert, Cinq pièces liquides, une œuvre solide qui, pour moi, illustre bien l’éclectisme d’un excellent concert présenté par Quasar.























