Mardi Spaghetti @ Flux Festival, 7 octobre 2025 Le Festival Flux s’est associé à Mardi Spaghetti le 7 octobre pour une soirée consacrée aux sons expérimentaux d’origine internationale.
Eduardo Cossio (Perth) fut le premier à rompre le silence, sa main gauche suspendue au-dessus d’une pédale tandis que sa main droite posait un Ebow (archet numérique) sur une corde d’un autoharp. Un trio d’Ebows aux yeux bleus se joignit à lui pour créer un ensemble de fréquences étroitement enroulées.
Il y avait quelque chose de désolé dans ce bourdonnement métallique. Des notes aiguës provenant d’un kalimba chargé de réverbération bouillonnaient sous les aigus les plus hauts et les graves les plus bas de l’harmonica de Cossio. J’avais des visions d’un pont suspendu abandonné grinçant entre des rives envahies par la végétation.
L’un des épais câbles d’acier se déroule, chaque minuscule brin étant tendu à l’extrême avant la chute. Jen Yakamovich et Roxanne Nesbitt (Vancouver) ont maintenu le suspense à la batterie, à la basse électrique et à l’aide de deux arbres de cloches semi-cylindriques. De longues notes ont envahi la scène de la Casa del Popolo. Jen a fait rouler toutes sortes de maillets et de balais sur sa batterie, puis a recommencé.
Roxanne maniait un archet en bois de style ancien contre les cordes désaccordées d’une basse électrique posée sur son épaule gauche. Les notes saccadées et denses de la basse s’élevaient avec les fioritures d’une cymbale rivetée, puis retombaient dans des ambiances clairsemées centrées sur des sons de cloche. Une pulsation lente, notre premier tempo clair et sans obscurcissement de la soirée, arriva juste à temps pour l’archet.
Le trio composé de Pablo Jimenez (Bogota/Montréal), Camila Nebbia (Buenos Aires/Berlin) et Antoine Létourneau-Berger (Rimouski) a ramené le temps et la tonalité dans l’abstrait grâce à une série d’improvisations intensément engagées qui ont exploré les extrêmes de leurs instruments respectifs. Antoine était assis derrière les touches d’un ondes Martenot relié à des micros placés sur les différentes quasi-membranes d’une batterie : la peau d’une caisse claire, un gong. Ses sons subtils et chuchotés ont souvent inspiré ses compagnons à atteindre un nouveau niveau de sobriété et de fragilité.
Camila Nebbia pouvait le suivre là, parfois à l’aide d’une boîte de conserve placée dans le pavillon de son saxophone, qui semblait désormais chanter depuis l’autre pièce. Elle retirait la boîte pour révéler une cascade de mélodies libres, pleines de substance rythmique et de surprises. Pablo laissait passer ces riches sonorités, jouant de sa contrebasse acoustique pour s’intégrer à la texture d’une section de violons sur un magnétophone à bande.
Recalibrez vos oreilles et vos attentes musicales un mardi prochain.























