Une vingtaine de haut-parleurs planait sur la salle Claude Champagne mercredi, pour la première soirée de l’édition 2025-2026 d’Ultrasons. Pour l’occasion c’est un mélange de pièces acousmatiques, de performance et de montages vidéos qui étaient mis de l’avant au travers de projets étudiants.
Le concert s’entame par la pièce Nulle part je n’habite, sauf ici, en moi-même, d’Aurélie Théroux Sénécale. Entourés d’une console et de vieux téléviseurs, les écrans de télévision diffusent sur un écran géant, une apparence de neige où le son et celle-ci sont en constante interaction. Les oscillations sur la neige représentées sur télévision évoluent au fil des changements de fréquences émis par la compositrice nous entraînant dans un voyage stroboscopique.
Sans titre no.1 de Maurice du Berger, pièce entièrement acousmatique, nous sommes absorbés par la masse sonore qui évolue et se déplace autour de nous. Avec un caractère sombre, la pièce évolue sans trop pousser les extrêmes, avec certains moments teintés de légèreté avant de revenir à la même ambiance sombre du début.
Après avoir laissé son violon de côté pendant plusieurs années, Zao Dinel reprend son instrument premier le temps d’une composition acousmatique, I use to play violin. Séparé en trois parties, le début illustre le violon à sa plus simple expression, des enregistrements de violon superposé l’un sur l’autre illustrant les possibilités à l’instrument. La seconde partie représente une répétition où l’interprète s’entête à jouer une partition trop difficile pour son niveau. Cet échange entre lui et l’orchestre imaginatif s’enchaîne sur une dernière section à l’image de la première, où le violon est au centre de l’attention focalisant cette fois-ci sur les pizzicatos au violon.
La pièce intitulée ꙮ, du compositeur Platon Beliaevskin, s’entame sur une section très rythmique avant un moment de rupture où nous chavirons au chaos pur, incluant des cris qui ponctuent la pièce qui tente de revenir à la stabilité rythmique du début, sans réussite.
Après un court entracte, Reste de Ziryab El Hihi, poursuit le concert. Une structure au centre de la scène avec un vidéo défilant une forêt devant nos yeux, une rupture interrompt ce début de pièce laissant place à un bruit blanc et la structure qui s’anime tranquillement bougeant sous nos yeux, l’aluminium producteur de sons sous ce bruit blanc constant..
Ac Riznar et la pièce Yarning Yearning se construit sur un énorme crescendo prenant de l’ampleur au cours de celle-ci. Tout au long de la pièce, nous avons une impression de déjà vu alors que certains sons reviennent tout en voyageant dans l’espace permis par le dôme de haut-parleur.
Alex Ronald Brisson, de son côté, nomme sa pièce ⅼ┧″⬤⡂. Cette dernière fut certainement une des plus complètes de la soirée. C’est en utilisant la spatialisation offerte à lui qu’il réussit à nous immerger au sein de son univers où, au cours de la pièce, une certaine familiarité s’installe dans les sons perçus malgré l’impossibilité d’identifier de quels sons exactement il s’agit.
Une vidéomusique, c’est pour cela que Matisse Charbonneau opte avec sa pièce попіл, une pièce où le chaos de la guerre y est illustré, accompagné par une musique ambiante, puis un moment de rupture où le chaos est déchaîné autant sur le plan sonore que visuel.
Jaden Brown et sa composition Mère Michel terminent ce premier concert d’ultrasons. Inspirés de 3 CD’s qui lui sont chers, nous sommes emportés à l’intérieur d’un voyage où nous entendons certaines bribes de cette musique sans pouvoir nécessairement l’identifier clairement.
Les étudiants ont présenté des œuvres de haut niveau dans un concert où le temps s’est déroulé à grande vitesse sous le talent de ceux-ci.























