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Autour du bandonéon et du violoncelle, Denis Plante et Stéphane Tétreault présentent ce vendredi 5 juin le concert Le grand tango à l’Église catholique de Saint-Lambert, dans le cadre du festival Classica. Pour PAN M 360, Jeremy Fortin s’est entretenu avec Denis Plante afin de discuter, en autres, de son désir de composer pour le bandonéon.
PAN M 360: D’où vient ce désir de mettre sur pied un concert mettant de l’avant le bandonéon et le violoncelle autour du tango?
Denis Plante : Je collabore avec Stéphane Tétreault depuis un premier projet au Festival Classica, imaginé par Marc Boucher il y a 7 ans. On a depuis produit deux disques, fait des concerts au Canada, en France et aux États-Unis, mais nous avons aussi collaboré sur d’autres projets créatifs, comme le spectacle Les lettres de Chopin, l’opéra Les fleurs du mal. Le violoncelle et le bandonéon se complètent bien en duo ; les deux instruments peuvent alterner entre le rôle de soliste et celui d’accompagnement. Il faut dire que c’est un projet fait sur mesure pour nous, toutes les partitions sont créées spécifiquement pour le duo.
PAN M 360 : Vous avez arrangé ou composé la majorité des pièces pour le concert, comment avez-vous construit le programme de la soirée?
Denis Plante : Le programme a été élaboré suite au succès du concert au festival l’an dernier à Classica, qui a été récompensé d’un prix du concert de l’année {Opus, Monde}. Je voulais présenter quelque chose de différent, avec une ampleur symphonique. J’ai composé un double concerto, une pièce hommage, de nouveaux arrangements du projet Stradivatango et orchestré des œuvres de Piazzolla en prévision de la soirée. Des milliers de notes de musique! Ça sera une soirée de primeur et de création. C’est très excitant!
PAN M 360 : Discutons justement du programme de la soirée, que pouvez-vous nous dire sur chacune des pièces du concert? Plus particulièrement bien sûr, ceux que vous avez composés?
Denis Plante : Comme toujours, mes compositions s’inscrivent dans la tradition du tango argentin, plus spécifiquement pour l’écriture virtuose pour bandonéon de concert. C’est une approche qui ressemble à celle de Ravel lorsqu’il composait la Tzigane ou le Boléro — l’inspiration folklorique devient un terrain fertile pour la créativité. L’originalité de notre projet en duo repose aussi sur la virtuosité de Stéphane au violoncelle, plus on travaille ensemble, plus il me pousse à lui écrire des partitions vertigineuses. Il y aura beaucoup de ça, la mélancolie du bandonéon et l’ensorcellement du violoncelle.
PAN M 360 : Comment s’est déroulée la collaboration avec I Musici de Montréal? Comment cette collaboration avec l’orchestre a-t-elle vu le jour?
Denis Plante : Ma collaboration avec I Musici ne date pas d’hier. J’avais présenté mon projet Tango Boréal avec l’ensemble il y a quelques années. C’est un ensemble très polyvalent, capable d’une grande sophistication technique, mais aussi d’une remarquable intensité expressive — deux qualités essentielles au tango. Stéphane entretient une relation encore plus profonde avec l’ensemble, puisqu’il a été fondé par son mentor, le violoncelliste et chef d’orchestre Yuli Turovsky.
PAN M 360 : Le concert n’étant pas votre premier sur le tango, qu’est-ce qui vous intéresse à propos de ce genre musical?
Denis Plante: Ce qui m’intéresse particulièrement dans le tango, c’est le bandonéon. C’est l’instrument emblématique de ce genre musical, celui qui lui confère sa couleur unique et sa profonde mélancolie. Je joue exactement le même modèle que Astor Piazzolla : un véritable Doble A d’avant-guerre. Mon instrument porte plus d’un siècle d’histoire dans son soufflet.
La vraie question serait peut-être : pourquoi composer du tango au Québec? La réponse nous ramène encore une fois au bandonéon. À l’origine, l’instrument avait été conçu pour accompagner la musique religieuse : une sorte d’harmonium portatif. Pourtant, c’est dans le tango qu’il a trouvé sa véritable voix et que sa technique de jeu s’est pleinement développée.
Le bandonéon permet la polyharmonie, l’hyperchromatisme et une expressivité exceptionnelle. Il est difficile de ne pas évoquer le tango dès les premières notes. Comme compositeur, j’embrasse donc cette tradition avec le même regard curieux que Piazzolla, cherchant de nouvelles façons de faire chanter cette petite boîte noire — cette « cage à oiseaux », comme l’appelait Aníbal Troilo.























