Finaliste de la courte liste au prix Polaris 2025 pour son album Bite Down, le duo indie rock montréalais Ribbon Skirt a livré, le 27 septembre dernier à La Sotterenea, une performance à la fois magnétique et frénétique.
La chanteuse et guitariste anishinaabe Tashiina Buswa était chargée d’une énergie chaotique, très contagieuse. Elle chantait souvent les yeux clos, comme envahie par son monde intérieur. S’aventurant tantôt sur les enceintes de son, tantôt parmi la foule, puis recroquevillée ou encore allongée sur scène, Buswa occupait l’espace de façon presque transgressive et profondément théâtrale, poussant l’idée du concert comme rituel collectif.
Son partenaire, le multi-instrumentiste Billy Riley, la bassiste ainsi que le batteur étaient tout autant survoltés, donnant lieu à une prestation très incarnée et flamboyante, tout en mouvement. La complicité entre les musiciens était palpable, chaque regard ou sourire semblant alimenter la tension électrique du moment. On pouvait observer une subtile identité queer au sein du band : bassiste au genre ambigu, Riley vêtu d’une chemise à froufrou et jouant de sa guitare rose scintillante, détails qui participaient à l’esthétique unique du groupe.
L’indie rock de Ribbon Skirt est chargé d’émotions viscérales. Cette intensité puissante s’appuie sur des influences garage et grunge des dernières décennies, post-punk des années 90, mais aussi sur un soupçon de pop punk des années 2000. Le son oscille ainsi entre fureur et fragilité, créant une expérience sonore cathartique.
Avec la chanson Off Rez, Ribbon Skirt aborde de façon frontale son identité autochtone, les frustrations systémiques et le désir d’évasion qui s’y associe. Le nom du groupe fait référence aux jupes traditionnelles autochtones, célébrées depuis 2023 lors du National Ribbon Skirt Day.
Leur prochain EP, PENSACOLA, attendu le 3 octobre 2025 sous étiquette Mint Records, se veut une forme d’épilogue à Bite Dow.























