Waclaw Zimpel aura été l’une des plus cool invitations de ce 26e MUTEK. Clarinettiste de formation, usant surtout de la clarinette basse, il s’inscrit deux fois dans mon top 10 des meilleurs sets présentés. Commençons par le set de mercredi dans le contexte du programme Nocturne 1 à la SAT.Le lien que le musicien polonais nourrit avec le producteur anglais James Holden est riche, j’ai eu de la chance de tenir le coup dans la nuit de mercredi à jeudi pour cette superbe prestation.
Ces mecs sont dans la quarantaine, ils ont acquis une belle maturité, leur parcours ayant été marqué par l’ouverture et la sophistication.
Solide technicien de la clarinette basse, particulièrement dans les techniques multiphoniques et à travers u=n vocabulaire inspiré du jazz contemporain, Zimpel n’axe pas son discours sur l’articulation mélodique de son instrument de prédilection (on ne peut donc en évaluer la virtuosité è ce titre) mais plutôt sur un discours mélodiquement minimaliste, linéaire et davantage axé sur une approche texturale de la musique.
Sur ces valeurs partagées avec James Hoden, avec Holden, lui aussi capable de réinventer son style connu depuis ses débuts sur la place publique (IDM, trance, minimal techno) Waclaw Zimpel alimente un dialogue singulier. Enregistré en tandem, l’excellent opus The Universe Will Take Care of You nous donnait un avant-goût à ce set nocturne pour irréductibles, étonnamment nombreux en ce milieu de semaine.
Sur place, on observe que Zimpel a installé des filtres pour son instrument acoustique, ce qui en modifie la sonorité naturelle. De plus, il actionne plusieurs autres éléments de ses dispositifs électroniques pendant que James Holden génère la trame rythmique de la conversation et en énonce les motifs mélodico-harmoniques répétés et décalés à la manière du minimalisme américain, et dont les notes de synthèse sont souvent étoffées par l’unisson ou le contrepoint de la clarinette. À la différence de l’album paru en juin dernier, le set live Holden/Zimpel révèle des improvisations forcément inédites qui en étoffent des structures compositionnelles plus costaudes, assorties d’aspérités, bref un relief différent que ce qu’offre l’enregistrement récent de leur tandem. On peut ici parler d’extrapolations variées du travail initial , puisque ce concert de nuit ne se voulait aucunement la reproduction fidèle de l’enregistrement qui le précède. Très apprécié au demeurant.























