La quatrième soirée Expérience à l’Esplanade Tranquille s’est ouverte vendredi avec une performance crue, digitale et intensément émotionnelle du duo montréalais SLIBERIUM. Formé de KUMA et Sendji, le projet a transporté les festivaliers dans une hallucination collective où se rencontraient sonorités industrielles, énergie techno et sensibilités R&B.
Leur set, situé à la croisée de la techno, du deconstructed club, du hip-hop expérimental et du witch house, s’est distingué par une texture sonore singulière : synthés saturés et granuleux, glitchs digitaux, atmosphères abrasives. Portée par des kicks étouffés et pulsés, leur musique avançait avec une force cinétique qui invitait aussi bien à bouger qu’à se laisser happer par la transe.
Derrière un set-up minimal — ordinateur, mixer, instruments autonomes — Sendji donnait une dimension charnelle à ce paysage numérique grâce à sa voix. Traité par l’autotune, son timbre oscillait entre chaleur humaine et froideur digitale. Ses inflexions proches de l’alternative R&B contrastaient avec les voix robotisées disséminées tout au long du concert, créant un jeu d’allers-retours entre intimité et altérité.
SLIBERIUM a ainsi déployé un univers transhumain, où le monde apparaît comme un territoire mouvant : rêves hallucinés et quotidien brut, chaos électronique et humanité vibrante, beats digitaux et sensibilité pop. Un premier « victory lap » pour KUMA et Sendji, qui ont terminé leur performance dans une extase jubilatoire, transformant leur intimité musicale en une expérience collective, festive et sans concession.
photo : Bruno Ailello Destombes























