afro-pop / Antilles / Caraïbes / dancehall / konpa / soul/R&B

PAN M 360 aux Nuits d’Afrique | Retour sur le triomphe de Rutshelle Guillaume en clôture

par Rédaction PAN M 360

Lorsque Rutshelle Guillaume a rempli le Rialto au printemps dernier, son rayonnement était alors communautaire. Voilà qui est chose du passé. Présenté sur la grande scène des Nuits d’Afrique devant un parterre archi-plein, le spectacle de la chanteuse de Port-au-Prince (relocalisée en Floride) a débordé le marché de la diaspora haïtienne qui lui était déjà acquis en majeure partie… et très présente en cette soirée dominicale.

Une décennie de travail a mené Rutshelle Guillaume à cette altitude. Si ses affaires sont bien menées pour la suite des choses, cette authentique conquérante pourrait possiblement atteindre le niveau supérieur de la pop internationale.

Ses fans les plus fervents l’ont sacrée « reine du konpa », et on a écouté attentivement son répertoire exécuté sur scène avec chorégraphies pour y constater que le konpa, le groove haïtien par excellence, est cette fois assorti d’autres influences caribéennes, africaines et nord-américaines : dancehall, ragamuffin, afrobeats, power ballades et soul/ R&B persillent ce konpa global, surtout exprimé en créole haïtien.

Avec une telle présence sur scène, Rutshelle Guillaume coche toutes les cases de la superdiva mondialisée. Prévu avant la fin de l’année, son prochain album studio nous en dira long sur son avenir professionnel. Autre signe de reconnaissance, elle obtient ce lundi 22 juillet, à l’hôtel de ville de Montréal, le Prix Nuits d’Afrique pour la Francophonie « décerné à un artiste au rayonnement international, qui incarne une vision rassembleuse de la Francophonie et de la diversité des expressions culturelles de l’Espace francophone international ».

Et ça vient d’Haïti! Quoi qu’on pense du chaos qui y sévit, il faut y avoir voyagé pour en percevoir les immenses vertus culturelles et artistiques. De loin, est-il impensable qu’une telle pop globale fleurisse dans les gravats? Probable. De près, bien au contraire, on sait que c’est possible. En voilà une autre preuve ! Dans le contexte où Haïti se trouve au pire du pire de ses difficultés, voilà certes un gage d’espoir et de fierté surgi in extremis de l’Île Magique.

Difficile d’imaginer une meilleure clôture des 38e Nuits d’Afrique.

En cette occasion, PAN M 360 vous propose un compte-rendu croisé : Keithy Antoine, communicatrice d’ascendance haïtienne et collaboratrice de PAN M 360 en discute sur place, pendant le concert, avec Alain Brunet. Voici l’échange de textos!

AB : Grosse machine de variétés!

KA : Oui, elle est puissante.

AB : C’est quand même incroyable qu’une telle artiste se soit développée dans un contexte aussi difficile.

KA : Oui mais elle a beaucoup voyagé, et elle est bien entourée.

AB : Aucun artiste issue de Port-au-Prince n’a eu l’impact qu’elle aura.

KA : Elle travaille pour ça! C’est magnifique.

AB : Elle est la diva attendue d’Haïti

KA : Elle est populaire, pas encore une icône.

AB : Il y a des artistes haïtiens de Port-au-Prince qui sont des icônes mais aucun n’a obtenu un tel impact à l’étranger, aussi rapidement.

KA : On est dans une autre époque, ça se compare difficilement. Mais je ne minimise pas sa popularité.

AB : En données quantitatives, c’est clair qu’elle dépasse les standards antérieurs à son époque.

KA : Oui. Je ne minimise pas.

AB : C’est aussi la revanche du konpa dans l’histoire récente de la musique antillaise. Le konpa était très fort dans les années 50, 60 et 70. Le revoilà revenir en force.

KA : On peut dire. Ou sa véritable ascension.

AB : On peut voir le konpa comme le fondement du groove créole moderne. Avec Rutshelle, ça peut devenir gros.

KA : Chacun son tour! Mais chercher à gagner un plus grand public, ça change le son aussi.

AB : Mais les bases restent là. Les sons d’orgue Farfisa, les guitares, les congas, enfin tous les éléments typiques du konpa sont là lorsqu’elle emprunte cette direction.

KA : Mais ce n’est pas du pur konpa non plus. Et le konpa doit changer comme les autres styles.

AB : Pas du konpa pur et dur, effectivement. C’est plutôt de la pop globale à base de konpa.

KA : Avec un vernis de variétés. En fait, je me suis bien amusée pas pas éclatée. Cette pop est propre propre.

AB : Exact. C’est de la pop-variétés. Il y a de jolies réformes mais cela peut être perçu comme de l’éculcoration. Artistiquement, en tout cas, ce n’est pas encore marquant.

KA : C’est pas mal ça. C’est bon, elle est très bien, elle plaît beaucoup. Bon dodo!

crédit photo: M.Belmellat

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