Pays : Label : InTempo Musique / Ya Basta records Genres et styles : classique moderne / tango nuevo Année : 2026

Juan Sebastian Delgado – Tangos imaginarios

· par Frédéric Cardin

Il y a une recherche minutieuse et attentionnée de la finesse expressive dans cet album du violoncelliste québécois (d’origine argentine) Juan Sebastian Delgado. Le jeune artiste se révèle un commentateur subtil, intelligent, empreint d’émotions délicates mais authentiques. 

À travers huit titres extraits du répertoire d’Astor Piazzolla et de Carlos Gardel, il braque un regard différent sur le tango, éloigné, pour la plupart, des clichés pour touristes inattentionnés. Prenez Oblivion de Piazzolla, ici dessinée à traits à peine esquissés, comme des fragments de mémoire qui se manifestent doucement. El día que me quieras de Gardel, porté par le piano inspiré de Gustavo Beytelmann, sur lequel Delgado commente la mélodie connue avec beaucoup de pudeur, mais de laquelle se dégage une force expressive convaincante. 

Escualo (qui veut dire requin, ou le squale, en espagnol), composée en 1979 par Piazzolla déploie une énergie nerveuse, dans laquelle on assiste à un discours qui vire au pointillisme fragmenté superbement construit, entre les deux manifestations du thème groovy. Delgado est excitant ainsi que Daniel ‘’Pippi’’ Piazzolla (petit-fils d’Astor) à la batterie et Federico Diaz à la guitare électrique. 

Buenos Aires Hora Cero est ici joué en version Stick&Bow, duo dont fait partie Juan Sebastian avec sa partenaire Krystina Marcoux au marimba. Une brillante pièce jouée à l’origine par le quintette de Piazzolla et qui s’avérait déjà un exercice génial de déconstruction sonore et mélodique du tango traditionnel. La pièce se retrouve habillée d’atours différents dans ce format duo, de couleurs différentes, un brin plus chatoyantes en raison du marimba et de ses textures si uniques, mais sans trahir le moindrement le caractère audacieux de l’œuvre originale. 

Les musicophiles plus traditionnels reconnaîtront la patte typique de Piazzolla dans Jeanne y Paul, avec les grattements et les glissandos, mais aussi les opulentes lignes mélodiques, déroulées passionnément par le violoncelle et le bandonéon (Delgado et Pippi Piazzolla, toujours très justes dans le ton et le jeu expressif). 

Les deux dernières pièces de l’album créent un contraste saisissant avec le reste. Le violoncelle est seul face aux pulsations électros de Philippe Cohen Solal, ex Gotan Project qui, on se souviendra peut-être, nous avait offert du tango sauce électro lounge il y a quelque 25 ans de cela. Ça sonne effectivement comme un héritage de Gotan. Le résultat n’est pas aussi convaincant que le reste du programme, cela dit. Bien qu’on y entende des élans cinématographiques efficaces, la finalité est loin d’offrir la même complexité texturale, la même profondeur expressive et coloristique. Des deux (Apasionado et Por una cabeza), c’est la deuxième qui réussit le mieux, grâce principalement à sa mélodie emblématique, jouée ici de façon presque éthérée, fantomatique. Divertissant, mais pas du tout le même plaisir musicophile. 

Tout le contenu 360

Un jeune Mahler en majesté pour l’ouverture de saison de l’OSM

Un jeune Mahler en majesté pour l’ouverture de saison de l’OSM

Mois du Créole 2026 | David Bontemps, entre piano et héritage de Dessalines

Mois du Créole 2026 | David Bontemps, entre piano et héritage de Dessalines

Andrew Yee – Trans Requiem

Andrew Yee – Trans Requiem

Strat Andriotis – The Wolf Sleeps Alone

Strat Andriotis – The Wolf Sleeps Alone

MOBIO passe de l’ombre à la lumière avec « Passport »

MOBIO passe de l’ombre à la lumière avec « Passport »

Jazz@vue à l’Outremont, nouvelle série consacrée au jazz local et/ou émergent

Jazz@vue à l’Outremont, nouvelle série consacrée au jazz local et/ou émergent

Sous le charme magique de La Flûte enchantée

Sous le charme magique de La Flûte enchantée

Opér’actuel devient un festival biennal : on en parle avec la directrice artistique Marie-Annick Béliveau

Opér’actuel devient un festival biennal : on en parle avec la directrice artistique Marie-Annick Béliveau

Paul Marleyn; Stéphane Lemelin – Tendresse et tragédie

Paul Marleyn; Stéphane Lemelin – Tendresse et tragédie

TransQueb – Maelstrom

TransQueb – Maelstrom

Elinor Frey ; Accademia de’ dissonanti – CPE Bach : Cello Concertos

Elinor Frey ; Accademia de’ dissonanti – CPE Bach : Cello Concertos

Les quatre saisons du Québec : Entretien avec François Dompierre

Les quatre saisons du Québec : Entretien avec François Dompierre

GA, la Série de shows | Tempête solaire… ça chauffe !

GA, la Série de shows | Tempête solaire… ça chauffe !

Towo – Vision

Towo – Vision

Francisca Valenzuela – Maldita

Francisca Valenzuela – Maldita

GA, la Série de shows | Nüshu à la Sala Rossa, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Nüshu à la Sala Rossa, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Calamine au Ministère, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Calamine au Ministère, vers le GAMIQ

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

Rentrée des ensembles Caprice et ArtChoral: La Flûte enchantée à la Maison symphonique

Rentrée des ensembles Caprice et ArtChoral: La Flûte enchantée à la Maison symphonique

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

Colin Stetson : réinventer les paysages trad avec Brìghde Chaimbeul

Colin Stetson : réinventer les paysages trad avec Brìghde Chaimbeul

Brìghde Chaimbeul et Colin Stetson – All the light in the world

Brìghde Chaimbeul et Colin Stetson – All the light in the world

Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné