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Pays : États-Unis Label : Jagjaguwar Genres et styles : folk / folk-pop / folk-rock / pop de chambre Année : 2021

BIG RED MACHINE – HOW LONG DO YOU THINK IT’S GONNA LAST?

· par Luc Marchessault

« Je suis vaste, je contiens des multitudes », affirma jadis Walt Whitman à la 51e section de sa Chanson à moi-même. Par son nouvel album How Long Do You Think It’s Gonna Last?, Big Red Machine incarne le vers libre de Whitman à l’échelle du rock indé. Dans cette vastitude qui contient des multitudes, on retrouve d’abord le tandem fondateur du projet, c’est-à-dire Justin Vernon (Bon Iver) et Aaron Dessner (moitié discrète du duo gémellaire œuvrant chez The National), ainsi que leurs multiples invités : Sharon Van Etten (demi-déesse indé), Ben Howard (réputé troubadour millénarial), Aaron Dessner (autre moitié, plus visible celle-là, du duo gémellaire susmentionné), Kate Stables (alias This Is the Kit), Shara Nova (chanteuse et cheffe de My Brightest Diamond), Robin Pecknold (chanteur des Fleet Foxes), Ilsey Juber (über-compositrice et chanteuse), Thomas Bartlett (alias Doveman), Ryan Olson (leader de Gayngs), S. Carey (batteur de Bon Iver et créateur solo à part entière), Lisa Hannigan (Irlandaise céleste), Naeem (ex-Spanck Rock), Benjamin Lanz (membre de Beirut), Ariel Engle (alias La Force, qui officie également chez Broken Social Scene) et James Krivchenia (batteur de Big Thief). Oh, j’oubliais Taylor Swift… ainsi que la très précieuse folkeuse vermontoise Anaïs Mitchell, dont les trois interventions sont autant de temps forts sur How Long Do You Think It’s Gonna Last?. Sur la première galette de Big Red Machine, lancée en 2018, Dessner et Vernon se la jouaient Peter Gabriel en phase audacieuse. Ici, le ton est plus rassurant, comme si notre duo et leurs invités se donnaient pour mission de calmer notre névrose covidienne à l’aide d’airs folk éthérés et généralement évocateurs. Par ailleurs, le musicophile remarquera que la voix de Justin Vernon ressemble étrangement à celle de Pete Townshend, lorsqu’elle échappe à tout tripotage synthétique (c’est particulièrement flagrant sur Mimi). De plus, en écoutant Brycie, avant-dernière pièce de ce touffu recueil, on constate que Rumours influe toujours sur les créateurs folk-rock, 44 ans après sa sortie.

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