Revenons sur le quatrième album d’Atsuko Chiba, cet homonyme montréalais qui vous imbibe jusqu’à la moëlle de tempos lents ou moyens, de climats humides et lourds. La résultante de cette offrance est une sorte de rock semi-ombragé, crépusculaire, hypnotique, où s’échafaude lentement la structure de chaque chanson, où s’y découvrent les matériaux, la voix soliste, les choeurs, les guitares circonspectes, la basse mélodique, les effets de pédales, les sédiments de synthés. Ce n’est pas du shoegaze, ce n’est pas du psych rock, ce n’est pas du space rock, ce n’est pas de l’ambient, ce n’est pas de l’ethereal wave, ce n’est pas de la poésie déclamée, ce n’est pas du rap, ce n’est pas de l’électro. C’est un peu tout ça et pas vraiment. Le chanteur Karim Lakhdar et sa bande ont le talent de déjouer les étiquettes sans appuyer sur l’accélérateur. Certains comparent cette approche à celles de Suuns ou Mars Volta pour les ambiances produites, relativement comparables… encore là, il n’est pas indiqué de faire des comparaisons directes. Atsuko Chiba a sa propre vision de l’art rock, on se laisse prendre lentement et sûrement. De telles propositions émaillent un demi-siècle de rock, ce groupe ne réinvente peut-être pas la roue, mais cette proposition demeure parfaitement identifiable, la marque d’artistes singuliers dans ces détails où se trouve le diable.






















