Voices From The Lake, duo italien réunissant Donato Dozzy et Neel, fait l’objet d’un culte ambient depuis la parution d’un opus homonyme en 2012. À l’époque, on avait vanté la souplesse, les vertus aériennes et les constructions elliptiques de cette musique conviviale et facile de digestion. Peu productif en tant que tandem, Voices from the Lake a pu lancer Live at MAXXI au fil du temps, pour finalement accoucher en 2025 de II, second album studio dont il était question jeudi soir.
On suppose que ces Voix du Lac constituaient le plat principal du programme X/Visions 2, avec en première partie l’excellente musique pour orgue et haut-parleurs de Tristan Perich, Infinity Gradient, exécutée par James McVinnie, inscrite dans la mouvance post-minimaliste.
Connexion entre les deux parties ? Normalement, les vases entre post-minimalisme instrumental et ambient devraient communiquer, vu le caractère répétitif de l’approche. Ces mondes ne sont peut-être pas aussi voisins et on ne pouvait savoir qui, jeudi soir, venait pour qui à la Maison symphonique, il se trouvait néanmoins des fans des de ces mondes réunis. Personnellement, j’ai trouvé clairement supérieure par la première partie dont témoigne notre collègue Ariel Rutherford, je pense que la substance compositionnelle y était nettement plus grande. Et je sais néanmoins que la majorité de la communauté mutékienne présente était là pour Voices from the Lake, une musique parfaitement inscrite dans cette veine minimaliste et ambient de l’électro, entre autres mise de l’avant par MUTEK depuis ses débuts il y a 26 ans.
À l’évidence, donc, il n’y a pas le feu au lac. La percussion y est légère mais constante, le beat y est mince et continu, ça trotte paisiblement sur le même tempo, du début à la fin. On y superpose des mélodies très simples, des drones harmoniques, de multiples sons vaporeux C’est à peu près tout. Les onze stations annoncées par l’album II se suivent en fondu enchaîné, les petites variations suivent leur cours sur ce fleuve tranquille sur lequel on se laisse porter pendant une heure. Ça fait du bien, c’est agréable et… ça ne passera certainement pas à l’histoire.























