Le collectif berlinois Istanbul Ghetto Club est monté sur la scène de l’Esplanade Tranquille, identités dissimulées derrière des masques (tiens, tiens…) , pour offrir une prestation éclectique et rafraîchissante très attendue lors de la troisième soirée de la série « Expérience » du festival MUTEK. C’était leur première au Canada, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas déçu !
Le mélange de leurs influences « DIY » brutes et d’instruments anatoliens traditionnels a donné lieu à une performance d’une fraîcheur saisissante : de la musique de club improvisée alliée à une instrumentation en direct. La soirée a débuté par un délicieux échantillon de flûte *ney* turque posé sur un rythme percutant. La basse est entrée en jeu, très funky, accompagnée de lignes acides fluides qui s’entremêlaient en arrière-plan.
De chaque côté de la scène, des écrans LED affichant des chats les encadraient — un clin d’œil charmant aux créatures emblématiques d’Istanbul. Ils ont gardé leurs masques carnavalesques tout au long du spectacle, préservant ainsi l’anonymat des deux musiciens qui se produisent sous une identité collective.
Des rythmes entraînants et sensuels laissaient la part belle aux échantillons de percussions manuelles. C’était comme s’ils traduisaient l’énergie de leur présence scénique pour l’injecter directement dans la musique, créant un groove contagieux à mesure que l’intensité montait. Les deux artistes dansaient sur scène tandis que des lignes acid hypnotiques et des échantillons de flûte tenaient le public en haleine.
Le duo a enchaîné les moments forts, mêlant habilement composition électro en direct et envolées virtuoses au saz, le tout salué par les acclamations constantes d’une foule composée aussi bien d’habitués de MUTEK que de festivaliers plus jeunes. Des sonorités oscillantes et hypnotiques perçaient à travers les motifs de batterie, se mêlant à des échantillons vocaux hachés et saturés. La pulsation constante et percutante de la boîte à rythmes 909 ne faiblissait jamais, assurant un set d’une énergie ininterrompue.
Après avoir tout donné, ils ont offert un bref moment de répit en ralentissant le tempo, démontrant une maîtrise totale d’une foule de danseurs qui ne cessait de grossir. Alors que le calme semblait revenir, le public a eu droit à une nouvelle séquence de *saz* en direct, montant crescendo sous les rugissements et les applaudissements de la foule alors que les musiciens saluaient une dernière fois.
C’est, de loin, mon spectacle préféré de la programmation de MUTEK jusqu’à présent ; j’aurais même aimé qu’ils puissent jouer un deuxième set. Il ne fait aucun doute qu’ils ont conquis de nouveaux fans ce soir-là, moi y compris.























